Disparition d’Alain Antonietto, l’historien de référence de Django Reinhardt et du jazz manouche.

Alain Antonietto jouant de la guitare dans un appartement

Je viens de perdre un ami. Tous les amoureux de Django et du jazz manouche, de la musique tsigane, du be-bop, du cool viennent de perdre un ami. Alain Antonietto était un passionné, érudit, historien de ces musiques. Vous ne le connaissiez peut-être pas mais il a fait tellement pour l’héritage culturel de Django Reinhardt et du jazz manouche. C’est peut-être grâce à lui que vous êtes tombés dedans, tant il a fait pour promouvoir cette musique et connecter ses amateurs entre eux.

Il est l’auteur du livre « Rhytmes futurs », à mon sens la biographie la plus complète de Django Reinhardt.

Recherches, articles, projets divers… L’émotion me limite dans des mots et mes souvenirs si nombreux. Il a aidé tant de musiciens, de labels, il a écrit pour « Etudes tsiganes », il a cherché et rassemblé tant de choses sur Django.

Je l’ai rencontré en 2003 grâce à Daniel Richard (merci encore Daniel). Notre premier coup de fil a duré 2 heures. J’étais fasciné, il m’a donné accès à un monde insoupçonné. Nous avons travaillé sur le coffret Django Reinhardt Retrospective 1934-53 et puis sur d’autres projets, certains malheureusement avortés (documentaire sur Django dont de nombreux rush subistent peut-être), d’autres volés (nous avions proposé en premier l’exposition sur Django à la cité de la musique, heureusement Alain fit partie de l’équipe finale).

Jusqu’à il y a quelques années, la quasi totalité de la scène manouche lui envoyait ses productions pour conseil, approbation ou simple remerciement. Il n’était pas médiatisé mais incontournable.Il partageait tant de choses avec tous les passionnés : enregistrements, documents, photos, informations… Le monde de la Djangologie et du jazz manouche lui doit énormément.

Il démystifiait aussi beaucoup de choses du passé auprès des jeunes générations.

Tous ses amis savent combien il était prolixe et généreux avec les lettres qu’il envoyait régulièrement : personnalisées, pleines d’humour, d’enthousiasme et d’espièglerie. C’était un véritable travail à plein temps pour ce professeur de dessin à la retraite toujours si vif d’esprit !

Il était un puits de science sur Django, la référence que tout le monde consultait, il faut le dire. Vous pourrez lire son livre « Rhytmes futurs » pour tout savoir sur Django dont il a connu toute la famille.

Il m’a tant donné et appris à tant de niveaux. Il sera irremplaçable. Il me reste des dizaines de lettres que j’ai gardé précieusement et que je relirai, comme si elles venaient d’arriver au courrier… promesse renouvelée de sourires, de bienveillance, de connaissance et d’esprit.

Pardonne-moi pour cet hommage maladroit, abîmé par l’émotion. Il y aurait tant d’autres choses à dire sur ta modestie et ta générosité proprement hors du commun.

Cà y est mon vieux, tu vas enfin pouvoir entendre Django dans les nuages. Profites et penses à nous. On se retrouvera.

Alain Antonietto et Patrick Saussois au festival Django Reinhardt de Samois sur Seine en 2003

I just lost a friend. All Django and gypsy jazz lovers just lost a friend. Sorry but exceptionnaly I partially used an automatic translator so that english speaking people can know about him. I’m too sad to do this myself now.

Alain Antonietto was one of the greatest specialists of Django and gypsy jazz (but also bebop, cool jazz, tsigan music). You may not know him, but he’s done so much for this music. It may be because of him that you fell in, he did so much to promote this music, preserve its memory and connect its amateurs with each other.

He is the author of the book « Rhytmes futurs », to me the most complete Django Reinhardt biography.Researches, articles, various projects…

Emotion limits me in words and my memories so many. He helped so many producers and musicians, wrote for « Etudes tziganes », bought and collected so much about Django.

I met him in 2003 thanks to Daniel Richard (thanks again Daniel). Our first call lasted 2 hours. I was fascinated, he gave me access to an unsuspected world. We worked on the Django Reinhardt box set Retrospective1934-53 and then on other projects, some unfortunately aborted (documentary about Django whose many rushe may be lying somewhere), others stolen (we had proposed first the exhibition on Django, fortunately Alain was part of the final team).

Until a few years ago, almost the entire gypsy jazz scene sent him his productions for advice or approval. It was not mediated but unavoidable.He shared so much with all the enthusiasts: recordings, documents, photos, informations… The world of Djangology and Gypsy jazz owes him a lot.

For the younger generations, he also demystified a lot of things from the past.

All his friends know how prolix and generous he was with the letters he regularly sent: personalized, full of humour, enthusiasm and mischief. It was a real full-time job for this witty retired drawing teacher!

He was a well of science on Django, the reference that everyone consulted, it must be said. You can read his book « Future Rhythms » to learn all about Django, of which he knew the whole family.

Alain was a drawing teacher. He gave and teached me so much on so many levels. He will be irreplaceable. I have dozens of letters left, which I have carefully kept and which I will reread, as if they had just arrived in the mail.

Forgive me for this awkward tribute, damaged by emotion. There would be so many other things to tell about your modesty and out of this world generosity.T

hat’s it my old friend, you’ll finally be able to hear Django in the clouds. Enjoy and think of us. We’ll meet again.

Alain Antonietto & Matelo Ferré.

Le retour de la contre-attaque du jazz musette !

Couverture du disque "La contre-attaque du jazz musette Vol.2 : dessin noir et blanc de l'accordéoniste Erwan Mellec et du guitariste Thomas Le Briz

Swing of France, fondé en 2010, vient de nous gratifier d’un second album intitulé « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Pas besoin de vous préciser le nom du premier mais rappelons peut-être qu’entre ces deux opus, une reprise du classique « Manouche Partie « de Jo Privat avait été réalisée pour le label Frémeaux et Associés par la même formation augmentée de Daniel Givone. Sans parler des tournées à l’international (USA, Chine, Biélorussie, Japon) et de la distribution de leur musique dans plus d’une trentaine de pays.

Voici donc un album à la croisée du jazz, du musette, du swing mais aussi du rock’n’roll (ce solo de guitare de Thomas Le Briz sur « Flots bleus » !) voire de la soul que l’on entend pointer parfois dans la voix d’Erwan Mellec. On écoute, on songe, on danse sur cet album authentique et sincère qui se clôt en beauté avec une reprise sensible du titre « Java ». Non je ne vous en dirai pas plus car je vous invite vraiment à acheter cet album !

Swing of France, founded in 2010 has just given us a second album entitled « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Needless to indicate the name of the first one but let us recall that between these two records, a revival of the classic « Manouche Partie » of Jo Privat had been released by the same band with guitarist Daniel Givone as a guest for the Frémeaux et Associés label.

Not mentionning international tours (USA, China, Japan…) nor the distribution of their music in more than 30 countries.

So here is an album at the crossroads of jazz, musette, swing with a twist of rock’n’roll (this guitar solo by Thomas Le Briz on « Flots bleus »!) and soul with soulful accents of Erwan Mellec’s singing. We listen, we wander, we dance to the sound of this authentic and sincere album that ends beautifully with a sensitive cover of the title « Java ». No, I will not tell you more because I really encourage you to buy this album!