« Miri Chterna », le nouvel album de Tchavolo Schmitt.

portrait de Tchavolo Schmitt avec une gapette sur la pochette de son disque Miri Chterna

L’inénarrable Charles « Tchavolo » Schmitt est de retour dans les bacs et sur les plateformes avec un nouvel opus, Miri Chterna.

Fils du vent s’il en est (le mot « bohème » est-il assez fort pour Tchavolo ?), l’alsacien compte une douzaine d’albums à son actif, en son nom ou en collaboration, dont le fameux Miri Familia paru en 2001 chez Djaz. Miri familia, Miri chterna… un petit air de cousinade flotterai-il dans l’air ? Après « Mélancolies d’un soir » avec Samy Daussat en 2014, Tchavolo reste fidèle à sa marque de fabrique : un style sec, incisif, épuré et viril, au swing implacable.

Cet album a été orchestré au pied levé par Edouard Pennes autour d’un concert au Duc des Lombards avec Tchavolo. Tchavolo l’insaisissable est dans les parages ? Pourquoi ne pas faire un beau disque ? Edouard Pennes est heureux membre et producteur du collectif Paris Swing. Il oeuvre également depuis de longues années au sein du RP Quartet. Guitariste redoutable qui n’a rien à envier aux cadors du style, c’est à la contrebasse qu’il accompagne ici Tchavolo. La guitare rythmique est pour sa part tenue par Julien Cattiaux, un « pompiste » de plus en plus sollicité. La section rythmique fournit un accompagnement idéal, engagé et à la précision chirurgicale.

Pour Miri Chterna ( « Mon étoile » en langue Sinti) Tchavolo Schmitt n’a certes pas choisi le répertoire le plus original mais tout simplement celui qui lui ressemble, sa marque de fabrique pour ainsi dire. A regarder la liste des titres, tout bon aficionado du swing manouche sait d’ailleurs immédiatement de qui l’on parle ! « Seul ce soir », « The Sheik of Araby », « Them There Eyes », « Coucou », « J’attendrai »… Bref, vous avez compris.

A l’image de son album culte Miri Familia évoqué plus haut, la prise de son du disque est très directe et naturelle. Elle met en valeur le son des guitares, de la contrebasse, des cordes (un joli quatuor vient planer sur « J’attendrai ») mais aussi de la clarinette de César Poirier (« It Had to Be You », « Them There eyes ») ou du piano de Bastien Brison (« September Song », « Billets doux »).

A vrai dire, on écoute pas Tchavolo pour de l’innovation permanente ou des harmonies sophistiquées, comme on irait goûter de la cuisine moléculaire (Le dernier Bireli Lagrène « Solo suites », par exemple, serait davantage dans cet esprit). Non, mais même si le civet de la grand-mère a toujours le même goût, c’est fou de voir à quel point il demeure savoureux et sans aucun égal. Tchavolo s’écoute un peu comme on écouterait un bluesman authentique : plus que les mots ou les notes, c’est l’esprit (ce swing électrique) qui touche l’auditeur et lui imprime sa marque, même une fois que la musique s’arrête de jouer.

Miri Chterna aura donc sa place dans votre discothèque, a fortiori si vous n’avez encore aucun album de Tchavolo.

Nouvel album de Bireli Lagrène : « Solo Suites »

Photo du cd "Solo SUites" par Bireli Lagrene

Biréli Lagrène vient de publier, le 5 mai dernier, un somptueux album* : « Solo Suites« . Un recueil d’improvisations en solo qui replacent la barre très, très haut… En bref : Attachez-les ceintures et sortez les mouchoirs.

Où s’arrêtera Bireli ? Prodige de la guitare, qu’il apprivoisait déjà avant même d’avoir fini d’apprendre à parler, il a poussé son cursus de Djangologie jusqu’au plus hautes sphères d’où il domine toujours, devenu sans doute le plus brillant héritier du génial manouche.

Sa rencontre en 1985 puis sa collaboration avec Jaco Pastorius (un autre génie) ont élargi ses horizons à un âge où sa vie de musicien, qui se comptait pourtant déjà en années, était en pleine construction. En s’affranchissant d’un héritage aussi fort (et peut-être parfois pesant), Bireli Lagrène a pu multiplier les rencontres et continuer à bâtir un parcours librement, du jazz post-bop au jazz fusion en passant par le métal et des retours fréquents à ses premières amours Reinhardtiennes.

A 55 ans, Bireli propose donc un second album en solo intégral. On se rappelle de « To Bi or not to Bi« , paru chez Dreyfus en 2006 et qui regroupait du matériel live. Ici, sur 17 titres, à l’exception de deux ou trois titres en re-recording et une chanson avec sa fille Zoé au chant, le « boss » s’est retrouvé en totale liberté et sans filets. Dans une interview donnée à France 2 pour l’émission « Télé-Matin », le guitariste confiait qu’il était entré en studio vierge de tout programme, avec juste ce qu’il faut de trames pour donner libre cours a ses talents hors-normes d’improvisateur. Autant dire que le résultat est à la hauteur des attentes.

On savait l’intéressé familier de l’exercice solo sur scène depuis ses débuts mais le corpus proposé ici témoigne riche d’une somme de travail et d’influences qui ont jalonné la carrière de l’artiste. La maturité de la symbiose entre lyrisme et virtuosité frappe dès les premières minutes de ce « Solo Suites » : un album dense et généreux qui saisit autant par l’intensité et la profondeur de son propos que par sa haute maîtrise d’exécution. Les pièces groovy ou techniques sont étourdissantes et les ballades sont poignantes. Une belle réussite.

* Bireli Lagrène « Solo Suites » (P) 2022 PeeWee! / SOCADISC

Biréli Lagrène has just published, on May 5, a sumptuous album*: « Solo Suites ». This collection of solo improvisations set the bar very, very high… In short: Fasten your belts and take out your handkerchiefs.

Where will Bireli stop? A true guitar prodigy, he was already taming the instrument before he had even finished learning to speak. Bireli pushed his Djangology curriculum to the highest spheres from where he still dominates, undoubtlessly becoming the most brilliant heir of the gypsy genius.

His meeting in 1985 and his collaboration with Jaco Pastorius (another genius) broadened his horizons at an age when his life as a musician, which was already started for several years, was in full construction. By freeing himself from such a strong (and perhaps sometimes heavy) heritage, Bireli Lagrène was able to multiply artistic encounters or collaborations and continue to build his path freely, from post-bop jazz to fusion jazz to metal with frequent come-backs to his first Reinhardtish loves.

At 55 years old, Bireli proposes a second solo album. « To Bi or not to BI » was released on Dreyfus Label in 2006 and featured live material. On the 17 tracks from « Solo Suites », with the exception of two or three tracks in re-recording and a song with his daughter Zoe singing, the « boss » found himself in total freedom. In an interview given to French national TV France 2 for the program « Télé-Matin », the guitarist confided that he had entered a studio without any program, only with a few canvas, giving free rein to his amazing improvising talents. The result outstands expectations.

We knew that Bireli Lagrène was familiar of the solo exercise on stage since his beginnings but the corpus here proposed testifies to an impressive sum of work and influences. The maturity of this symbiosis between lyricism and virtuosity strikes from the first minutes of this « Solo Suites » : a dense and generous album that captures as much by the intensity and depth of its subject as by its high mastery of execution. Grooy or techynical pieces will blow your mind as ballads will talk to your soul. Well done M. Lagrène.

Découverte d’un autographe inédit de Django Reinhardt

Django autographe billet

Ce billet de 20 francs (ayant eu cours en France entre …) a été acheté en vente aux enchères à Boston par le propriétaire de https://www.djangoguitars.com/. Voilà une trouvaille plutôt amusante et originale… Elle rejoint le cortège des documents inédits retrouvés récemment et, aussi étonnant que cela puisse paraître, régulièrement !

This 20 francs bank note has been bought in an auction in Boston by the owner of djangoguitars.com. A rather rare and funny find that joins the other recently found and previously unseen documents about Django Reinhardt.

Quand Line Renaud évoque Loulou Gasté et Django Reinhardt : Saint-Louis Blues, le train bleu, les jam-sessions…

Photo noir et blanc de Django Reinhardt, Loulou Gasté, Line Renaud, Hubert Rostaing

Dans cette interview d’octobre 2020 au micro de Jean-Baptiste Tuzet, Line Renaud évoque quelques souvenirs des bons moments passés avec son mari Loulou Gasté et leur copain Django Reinhardt. On y apprend notamment quelques détails sur l’enregistrement de « Saint-Louis Blues » et « Bouncing Around ». Cet enregistrement mythique n’était en fait pas prévu ! Django Reinhardt et Loulou Gasté ont improvisé cette séance, juste après avoir enregistré le même jour (9 septembre 1937) aux Studios Pathé pour l’orchestre de Philippe Brun.

Line Renaud évoque également de beaux souvenirs lorsque Django venait chez elle et Loulou pour jammer. Elle se rappelle également de leurs voyages en Côte d’Azur dans le train bleu pour participer à l’émission de radio de Maurice Chevalier « This is Paris ».

https://podcast.ausha.co/crooner-and-friends/line-renaud-episode-2-loulou-gaste-et-django-reinhardt

In this october 2020 interview, french singer and actress Line Renaud talks to Jean-Baptiste Tuzet about her fond memories of her husband Loulou Gasté and their friendship with Django Reinhardt. We can for instance hear some interesting details about the recording of « Saint Louis Blues » and « Bouncing Around ». This legendary recording was not scheduled at all! Django and Loulou just finished a session for Philippe Brun’s orchestra in the Pathé Studios on september 9, 1937 and decided to record these two tunes on the spot.

Line Renaud also remembers intimate jam-sessions with Django and Loulou at home. She also recalls long train trips to the Cote d’Azur for Maurice Chevalier’s « This is Paris » radio show. They spent most of their time in this famous train line playing music or cards.

Disparition d’Alain Antonietto, l’historien de référence de Django Reinhardt et du jazz manouche.

Alain Antonietto jouant de la guitare dans un appartement

Je viens de perdre un ami. Tous les amoureux de Django et du jazz manouche, de la musique tsigane, du be-bop, du cool viennent de perdre un ami. Alain Antonietto était un passionné, érudit, historien de ces musiques. Vous ne le connaissiez peut-être pas mais il a fait tellement pour l’héritage culturel de Django Reinhardt et du jazz manouche. C’est peut-être grâce à lui que vous êtes tombés dedans, tant il a fait pour promouvoir cette musique et connecter ses amateurs entre eux.

Il est l’auteur du livre « Rhytmes futurs », à mon sens la biographie la plus complète de Django Reinhardt.

Recherches, articles, projets divers… L’émotion me limite dans des mots et mes souvenirs si nombreux. Il a aidé tant de musiciens, de labels, il a écrit pour « Etudes tsiganes », il a cherché et rassemblé tant de choses sur Django.

Je l’ai rencontré en 2003 grâce à Daniel Richard (merci encore Daniel). Notre premier coup de fil a duré 2 heures. J’étais fasciné, il m’a donné accès à un monde insoupçonné. Nous avons travaillé sur le coffret Django Reinhardt Retrospective 1934-53 et puis sur d’autres projets, certains malheureusement avortés (documentaire sur Django dont de nombreux rush subistent peut-être), d’autres volés (nous avions proposé en premier l’exposition sur Django à la cité de la musique, heureusement Alain fit partie de l’équipe finale).

Jusqu’à il y a quelques années, la quasi totalité de la scène manouche lui envoyait ses productions pour conseil, approbation ou simple remerciement. Il n’était pas médiatisé mais incontournable.Il partageait tant de choses avec tous les passionnés : enregistrements, documents, photos, informations… Le monde de la Djangologie et du jazz manouche lui doit énormément.

Il démystifiait aussi beaucoup de choses du passé auprès des jeunes générations.

Tous ses amis savent combien il était prolixe et généreux avec les lettres qu’il envoyait régulièrement : personnalisées, pleines d’humour, d’enthousiasme et d’espièglerie. C’était un véritable travail à plein temps pour ce professeur de dessin à la retraite toujours si vif d’esprit !

Il était un puits de science sur Django, la référence que tout le monde consultait, il faut le dire. Vous pourrez lire son livre « Rhytmes futurs » pour tout savoir sur Django dont il a connu toute la famille.

Il m’a tant donné et appris à tant de niveaux. Il sera irremplaçable. Il me reste des dizaines de lettres que j’ai gardé précieusement et que je relirai, comme si elles venaient d’arriver au courrier… promesse renouvelée de sourires, de bienveillance, de connaissance et d’esprit.

Pardonne-moi pour cet hommage maladroit, abîmé par l’émotion. Il y aurait tant d’autres choses à dire sur ta modestie et ta générosité proprement hors du commun.

Cà y est mon vieux, tu vas enfin pouvoir entendre Django dans les nuages. Profites et penses à nous. On se retrouvera.

Alain Antonietto et Patrick Saussois au festival Django Reinhardt de Samois sur Seine en 2003

I just lost a friend. All Django and gypsy jazz lovers just lost a friend. Sorry but exceptionnaly I partially used an automatic translator so that english speaking people can know about him. I’m too sad to do this myself now.

Alain Antonietto was one of the greatest specialists of Django and gypsy jazz (but also bebop, cool jazz, tsigan music). You may not know him, but he’s done so much for this music. It may be because of him that you fell in, he did so much to promote this music, preserve its memory and connect its amateurs with each other.

He is the author of the book « Rhytmes futurs », to me the most complete Django Reinhardt biography.Researches, articles, various projects…

Emotion limits me in words and my memories so many. He helped so many producers and musicians, wrote for « Etudes tziganes », bought and collected so much about Django.

I met him in 2003 thanks to Daniel Richard (thanks again Daniel). Our first call lasted 2 hours. I was fascinated, he gave me access to an unsuspected world. We worked on the Django Reinhardt box set Retrospective1934-53 and then on other projects, some unfortunately aborted (documentary about Django whose many rushe may be lying somewhere), others stolen (we had proposed first the exhibition on Django, fortunately Alain was part of the final team).

Until a few years ago, almost the entire gypsy jazz scene sent him his productions for advice or approval. It was not mediated but unavoidable.He shared so much with all the enthusiasts: recordings, documents, photos, informations… The world of Djangology and Gypsy jazz owes him a lot.

For the younger generations, he also demystified a lot of things from the past.

All his friends know how prolix and generous he was with the letters he regularly sent: personalized, full of humour, enthusiasm and mischief. It was a real full-time job for this witty retired drawing teacher!

He was a well of science on Django, the reference that everyone consulted, it must be said. You can read his book « Future Rhythms » to learn all about Django, of which he knew the whole family.

Alain was a drawing teacher. He gave and teached me so much on so many levels. He will be irreplaceable. I have dozens of letters left, which I have carefully kept and which I will reread, as if they had just arrived in the mail.

Forgive me for this awkward tribute, damaged by emotion. There would be so many other things to tell about your modesty and out of this world generosity.T

hat’s it my old friend, you’ll finally be able to hear Django in the clouds. Enjoy and think of us. We’ll meet again.

Alain Antonietto & Matelo Ferré.

Le retour de la contre-attaque du jazz musette !

Couverture du disque "La contre-attaque du jazz musette Vol.2 : dessin noir et blanc de l'accordéoniste Erwan Mellec et du guitariste Thomas Le Briz

Swing of France, fondé en 2010, vient de nous gratifier d’un second album intitulé « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Pas besoin de vous préciser le nom du premier mais rappelons peut-être qu’entre ces deux opus, une reprise du classique « Manouche Partie « de Jo Privat avait été réalisée pour le label Frémeaux et Associés par la même formation augmentée de Daniel Givone. Sans parler des tournées à l’international (USA, Chine, Biélorussie, Japon) et de la distribution de leur musique dans plus d’une trentaine de pays.

Voici donc un album à la croisée du jazz, du musette, du swing mais aussi du rock’n’roll (ce solo de guitare de Thomas Le Briz sur « Flots bleus » !) voire de la soul que l’on entend pointer parfois dans la voix d’Erwan Mellec. On écoute, on songe, on danse sur cet album authentique et sincère qui se clôt en beauté avec une reprise sensible du titre « Java ». Non je ne vous en dirai pas plus car je vous invite vraiment à acheter cet album !

Swing of France, founded in 2010 has just given us a second album entitled « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Needless to indicate the name of the first one but let us recall that between these two records, a revival of the classic « Manouche Partie » of Jo Privat had been released by the same band with guitarist Daniel Givone as a guest for the Frémeaux et Associés label.

Not mentionning international tours (USA, China, Japan…) nor the distribution of their music in more than 30 countries.

So here is an album at the crossroads of jazz, musette, swing with a twist of rock’n’roll (this guitar solo by Thomas Le Briz on « Flots bleus »!) and soul with soulful accents of Erwan Mellec’s singing. We listen, we wander, we dance to the sound of this authentic and sincere album that ends beautifully with a sensitive cover of the title « Java ». No, I will not tell you more because I really encourage you to buy this album!

Documentaire sur Roger Chaput (Feat. Django Reinhardt)

Visuel des crédits de "Juste avant que j'oublie", Documentaire sur Roger Chaput réalisé par Gilles Réa

Le guitariste de jazz Gilles Rea vient de réaliser un documentaire sur Roger Chaput, guitariste ayant notamment joué dans le Hot Club de France. Visible sur Youtube et richement illustré par de nombreux documents d’époque, ce documentaire est en grande partie basé sur un enregistrement réalisé par Dominique Cravic. Ne vous étonnez donc pas si le visuel du film ci-dessus a des réminiscences d’iconographie primitive et futuriste à la fois (comprenne qui pourra).

Il s’agit donc d’un témoignage sur cassette audio dans lequel Roger Chaput, véritable titi parisien, raconte sa carrière de musicien. Remise en contexte, anecdotes savoureuses, astuces du « métier », évocation de Django Reinhardt… Découvrez-le ici sur Youtube.

Pensez aussi à visiter le site de Gilles Rea (mine d’or pédagogique autour de la guitare jazz proposant de nombreuses transcriptions) et à soutenir ses initiatives en faisant un don.

French jazz guitarist Gilles Rea has just finished a documentary about Roger Chaput, former Quintette of the Hot Club of France member. Available on Youtube, this documentary is illustrated with heaps of documents from the musette and swing era. It is based on an audio recording of Roger Chaput made by another guitarist, Dominique Cravic (leader of the famous Primitifs du futur band).

In this audio cassette recording, Roger Chaput tells about his career as a musician with a delicious parisian accent (french speakers will appreciate). Context, anecdotes, musician tips and tricks, memories of Django Reinhardt… You can watch it on Youtube.

Please also visit Gilles Rea’s website (a jazz guitar material goldmine, with heaps of transcriptions) and to support him by making a donation.

Photos et documents inédits de Django Reinhardt !

DJango Reinhardt et Dizzy Gillespie à Bruxelles, la rose noire en 1953

1. Des découvertes régulières

On ne se lassera jamais et l’on ne cessera de s’étonner que la source de documents inédits (ou exhumés) concernant Django Reinhardt ne soit pas encore tarie. L’artiste est décédé en 1953 et pourtant, régulièrement, des photos continuent à refaire surface pour la plus grande joie des aficionados et des collectionneurs. Hélas, à l’instar de Charlie Parker, les découvertes de nouvelles images filmées restent aussi rares qu’une pluie dans le désert d’Atacama. Bref, les photos, disions-nous… Voici une série d’inédits mis au jour depuis l’été 2020 et janvier 2021.

We will never be bored nor stop being astonished that previously unseen or rare Django Reinhardt documents’ well still didn’t dried up. The arstist died in 1953 and yet, regurlarly, photos keep resurfacing to the greatest delight of fans and collectors. Alas, as for Charlie Parker, finds of new film footage remain as scarce as rain in the Atacama desert. Here is a series of previously unseen documents discovered beetween summer 2020 and january 2021.

2. Photos inédites de Django Reinhardt

Commençons par cette photo vue par Guillaume Lesigne sur Ebay en mars 2021 et qui représente Django Reinhardt, tout sourire devant l’affiche de son concert imminent au cinéma Le Cameo, 32 Boulevard des Italiens dans le neuvième arrondissement de Paris. Le grain de la photo, de mauvaise qualité, pourrait laisser penser à photo d’écran ou à une image tirée d’un film. Quoiqu’il en soit, voici le cliché d’un artiste aux anges et au faîte de sa gloire. En cette période d’occupation, Django Reinhardt était un artiste des plus populaires aux côtés d’Edith Piaf ou de Maurice Chevalier.

Photo du nouveau Quintette du Hot Club de France sur la scène du Cameo, le 22 février 1944. Django Reinadt joue sur sa guitare Selmer et on reconnaît notamment Emmanuel Soudieux à la basse.

Passons maintenant à un contexte beaucoup plus décontracté et familial. Merci à Pierre Vées qui a diffusé sur les réseaux sociaux ce cliché privé de Django aux côtés de la famille de Tchavolo Vées (frère d’Eugène « Ninine » Vées).

Thanks to Pierre Vées who shared on social networks this photo of Django alongside Tchavolo Vées’ family. Tchavolo was Eugène « Ninine » Vées’ brother.

A présent, attardons-nous sur cette photo découverte par le guitariste Jan Brouwer, publiée sur un site consacré au batteur Al Jones. Ce cliché témoigne d’une rencontre qui mériterait d’inventer la machine à remonter le temps. Il a été pris à la rose noire, club de jazz bruxellois, en mars 1953. Ce club se situait Petite rue des bouchers, à deux pas de la grand place. Il accueilli les plus grands jazzmen de passage à la capitale belge : Count Basie, Charlie Parker, Clifford Brown, Roy Eldridge… ainsi que Dizzy Gillespie et Django Reinhardt. On savait (photo à l’appui) que Django avait rejoint Dizzy sur scène pour jouer « Perdido ». La configuration de cette photo est clairement différente de celle du concert de Gillespie.

Les acolytes ont-ils jammé au club après le concert de Dizzy ? Etait-ce dans le cadre d’une programmation à « la rose noire » ? S’étaient-ils revus lorsque Gillespie a joué quelques semaines auparavant, le 9 février, à Paris (Salle Pleyel) ?

Let’s now take the time to look at this picture discovered by guitarist Jan Brouwer on a website dedicated to the drummer Al Jones. This photo is a testimony of an encounter worth the invention of a time machine. It was taken at « la rose noire » (the black rose), Brussels jazz club, in March 1953. This club was located Petite rue des bouchers, close to the main square. It welcomed the greatest jazz musicians that toured the Belgian capital in the 50’s: Count Basie, Charlie Parker, Clifford Brown, Roy Eldridge… as well as Dizzy Gillespie and Django Reinhardt. We knew (photo supported) that Django had joined Dizzy on stage to play « Perdido » during one of the trumpettist’s concert. The configuration of the venue is clearly different to the one of the Gillespie concert. Did they jam in this club after Dizzy’s concert? Was it for a gig? Did Django and Dizzy met when Gillespie played at the Salle Pleyel in Paris a few weeks before on february 9th?

3. Articles et interviews

Remercions à présent Antoine « Gatsby » du site « djangoreinhardtdanslapresse » d’avoir déniché ces documents oubliés depuis leur parution ! Ils ont été publiés par le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France. N’hésitez pas à aller y jeter un oeil pour puisque les découvertes sont encore possibles !

Voici tout d’abord un article réjouissant, avec photo, paru dans « Compagnons » le 10 septembre 1942 :

Let us now thank Antoine « Gatsby », from the « djangoreinhardtdanslapresse » website, for finding these documents, never seen again since their publication! They were published by Gallica, the Bibliothèque Nationale de France (French national library) website. Don’t hesitate to take a look at it since discoveries are obviously still possible!

First, here is a delightful article, with a photo, published in « Companions » on september 10th, 1942:

Ensuite, un cliché de Django et son premier fils Lousson, s’amusant avec un 3e homme. Lousson joue sur une guitare à 4 cordes. On devine l’emblème des Etats-Unis sur le mur. Paru en 1948.

Now for a picture of Django and his first son Lousson, having fun with a third man. Lousson is playing a four stringed guitar. We can see a part of the United Sates emblem on the wall. First published in 1948.

4. Un document exceptionnel – le programme du premier festival de Jazz au monde, autographié par les légendes du jazz.

Ce programme du festival de jazz de Nice de 1948 (premier festival de jazz au monde !) à de quoi faire rêver… On y reconnaît, entre autres, les signatures de Louis Armstrong, Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Hugues Panassié, Mezz Mezrow, Baby Dodds, Lucky Thompson…

This 1948 Nice Jazz festival program (first ever jazz festival in the world!) is something to dream of… We can identify, among others, the signatures of Louis Armstrong, Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Hugues Panassié, Mezz Mezrow, Baby Dodds, Lucky Thompson…

Video « Lady be Good » (live au Charlie)

Joli souvenir d’un passage le 18 janvier à la jam du Charlie sur invitation du talentueux Arsène Charry, en compagnie du bassiste Gabriel Seyer. Vivre à Paris n’est pas toujours facile mais son titre de capitale du jazz manouche n’est pas usurpée avec quasiment une jam par jour de la semaine. Un régal pour les Djangophiles !

Nice memory from a jam at Le Charlie, last january 18th, with young, talentful Arsène Charry on guitar and Gabriel Seyer on bass. Living in Paris is not always easy but it still deserves its title of Gypsy Swing capital city with one jam session per day of the week. A treat for all djangomaniacs!

Les guitares Di Mauro vont renaître.

Cela avait été annoncé par Dorothée Di Mauro en juillet dernier et c’est maintenant confirmé : le luthier François Vendramini va reprendre la production de guitares estampillées Di Mauro. Fondée en 1925, cette maison fait partie des noms incontournables lorsque l’on évoque la guitare manouche.

Dorothée Di Mauro et François Vendramini autour d’un exemplaire du célèbre modèle « Special Chorus ».

What had been anounced by Dorothée Di Mauro last july is now confirmed: french luthier François Vendramini is reviving the production of Di Mauro guitars. Founded in 1925, this house stands among the unavoidable names in any gypsy jazz guitar conversation.