Une nouvelle photo rare de Django Reinhardt en Italie

Pohot noir et blanc de Django Reinhardt,souriant, en studio en 1950 à Rome pour la RAI.

Publiée dans un programme radio de 1953 (Radiocorriere), cette photo a été prise en studio à Rome en 1950, dans les studios de la RAI, Via Asagio.

Django Reinhardt joue sur une guitare Mogar équipée d’un micro de guitare éléctrique. On a souvent pensé que Django avait fait ces enregistrements avec une archtop à cause de ce son typique mais le micro est ici rapporté.

En examinant les détails, tout porte à croire que ce cliché a été pris en même temps que l’autre photo de cette session d’enregistrement, déjà connue, représentant Django avec le saxophoniste André Ekyan, le contrebassiste Alf Masselier et le pianiste Ralph Schécroun. Il manque le batteur Roger Paraboschi sur la photo.

Le virtuose manouche à en tout cas l’air de s’amuser comme un fou sur ce « nouveau » cliché.

Merci à Guillaume Lesigne d’avoir partagé cette découverte faite grâce à un groupe de collectionneurs italiens.

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La liste des luthiers de guitare manouche

Photo de guitares manouches en construction sur un établi gypsy guitars being built

Après de nombreuses années dans le monde du jazz manouche, j’ai pensé qu’il serait utile de recenser tous les noms de luthières, luthiers et marques ayant fabriqué ou fabriquant actuellement des guitares dites « manouches ». Tous ? En tout cas le maximum.

Après de longues recherches, voici la liste que j’ai pu établir. Evidemment et pour notre plus grand plaisir, cette liste évolue et va continuer à s’étoffer.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour signaler tout nom qui aurait échappé à ma vigilance. Vous trouverez tous les luthiers et marques de guitare manouche à travers le monde que j’ai pu recenser.

La liste contient les luthiers disparus, vivants, actifs ou pas. Les noms sont classés par nom de famille. Les liens disponibles seront ajoutés au fur et à mesure.

Que le swing soit avec vous !

Photo d'un établi de luthier de guitare manouche ou gypsy guitar, zoom sur cordier, copeaux de bois, sillet en os

Tatouage : ils ont Django Reinhardt dans la peau !

Tatouage / tatoo Django Reinhardt

J’ai réuni pour vous une collection de photos des plus beaux tatouages / tatoos de Django Reinhardt ! N’hésitez pas à m’envoyer le vôtre si il n’y figure pas.

Django tattoos: I’ve got you under my skin!

« Je t’ai dans la peau » comme chantait Frank Sinatra… Lorsqu’ils ont une idole, certaines et certains fans n’hésitent pas à sauter le pas et à figer son portrait dans leur chair. Après avoir cherché et collecté le maximum de photos, j’ai le plaisir de pouvoir vous présenter ce petit florilège de tatouages de Django.

Une grande variété de tatouages de Django Reinhardt

Chaque tatouage est présenté anonymement mais le nom de l’artiste tatoueur est indiqué chaque fois que l’information a pu être trouvée. On y trouve des représentations du visage de Django, des portraits du guitariste en train de jouer sa guitare Selmer ou encore l’évocation de sa célèbre main gauche, brûlée à 18 ans et privée de l’usage de deux doigts.

Du photo réalisme au style art déco, la variété des styles et des interprétations est de mise.

Place aux images et bravo à tous ces artistes tatoueurs pour leur travail !

Tatouage / tatoo Django Reinhardt avec son visage de profil
Aloe from Amsterdam
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Mr Timo Tattoo
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Laura Lagarde
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Tatouage / tatoo Django Reinhardt style art deco inspiré de Jan Mara
Inspiré du dessin de Jan Mara
Tatouage / tatoo Django Reinhardt façon cartoon en train de fumer
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Réalisé par / made by Yorima
Tatouage / tatoo Django Reinhardt en grosplan avec une cigarette à la bouche
Virginia Elwood
Tatouage / tatoo Django Reinhardt en couleur, debout avec sa guitare, stylisé façon années 30
Réalisé par / made by Mikiri Gallery
Tatouage / tatoo Django Reinhardt en couleur adapté de la photo de W. Gottlieb de 1946
Réalisé par / made by Matteo Cascetti
Tatouage / tatoo Django Reinhardt sur l'avant-bras en n et b
Réalisé par / made by Manu Badet
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Jesse Boren
Tatouage / tatoo Django Reinhardt, portrait à la cigarette sur le haut de l'avant-bras par Ghali Custom
Ghali Custom
Tatouage / tatoo couleur Django Reinhardt sur l'épaule et haut du bras gauche
Deexen
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
Cosma
Tatouage / tatoo Django Reinhardt assis en train de jouer, en noir et blanc, photo réaliste
Kis Briqi
Tatouage / tatoo Django Reinhardt
@saezartworks
Tatouage "Nuages" Django Reinhardt
Réalisé par / made by Black Buddah

In this exclusive article, I’ve put together a collection of photos of Django Reinhardt’s most beautiful tattoos! Don’t hesitate to send me yours.

Django, « Je t’ai dans la peau »

“I’ve got you under my skin”, as Frank Sinatra sang… When they have an idol, some fans don’t hesitate to take the plunge and freeze his or her portrait in their flesh. After having searched and collected the maximum of photos, I’m delighted to present you with this anthology of Django Reinhardt tattoos.

A great variety of Django Reinhardt tattoos

Each tattoo is presented anonymously but the name of the tattoo artist is indicated wherever this information can be found. There are representations of Django’s face, portraits of Django playing his Selmer guitar, and evocations of his famous left hand, burned at the age of 18 and deprived of the use of two fingers.

From photo realism to art deco, a nice variety of styles and interpretations are on display.

Congratulations to all these tattoo artists for their work!

Le documentaire d’Henri Selmer Paris sur l’histoire de ses guitares et de Django Reinhardt annonce-t-il une nouvelle fabrication ?

Titre "Selmer guitars history & heritage" sur fond gris avec une caisse de guitare en fiigrane

Pour fêter son 140e anniversaire, la maison Henri Selmer France a produit un documentaire en 6 parties visionnable sur Youtube et les réseaux sociaux. Il met à l’honneur ses légendaires guitares développées par Mario Maccafferri et popularisées par Django Reinhardt.

L’histoire des guitares Selmer

Longtemps mise de côté et considérée comme anecdotique par une des plus grandes maison d’instruments à vent du monde, la production des guitares Selmer est superbement mise en valeur dans cette série documentaire, pour le plus grand bonheur des amateurs de lutherie guitare, de Django et de jazz manouche.

A travers divers témoignages de spécialistes, de luthiers, de musiciens et de documents d’archives, Selmer nous fait revivre les innovations, les techniques de fabrication et les artistes qui ont fait entrer ces guitares dans la légende.

A découvrir d’urgence que vous soyez néophyte ou complètement mordu ! Voici une belle initiative à saluer de la part de ce fabricant qui avait étrangement négligé de valoriser ce glorieux passé depuis des décennies, laissant le champ libre a des légions d’imitations copiant sans vergogne le design, l’accastillage et même le logo des guitares Selmer.

De nouvelles guitares Selmer en fabrication ?

Enfin, attention scoop : cette série de mini-documentaires serait un prémice à l’annonce d’une production officielle de guitares ! Quelques artistes auraient étés approchés pour en faire la promotion et la fabrication aurait été confiée à un(e) ou plusieurs luthiers français. Un nouveau cordier aurait été dessiné pour l’occasion. Au niveau des tarifs, on en sait pas plus pour le moment. Des rumeurs indiquent des prix très élevés mais ce n’est que spéculation et il en est de même concernant le type de production : ces guitares seraient-elles produites en série ou en édition limitée ? Un indice pourrait se trouver dans le fait que Henri Selmer Paris a déjà produit certains instruments en édition limitée pour ce 140e anniversaire : saxophones alto, tenor, clarinette Sib et becs.

Il y a une quinzaine d’années de cela, un des héritiers Selmer caressait le projet de refabriquer en série ces mythiques guitares, en les déclinant en deux gammes : un modèle dans les 1500 euros (équivalent au prix des originales) et un modèle de luxe dans les 2500/3000 euros. Une stratégie qui aurait été payante a coup sûr en pleine mode du jazz manouche. Quand on regarde aujourd’hui la qualité d’instruments asiatiques fait à la main ou en atelier de type Eastman ou Alatamira, cela pourrait être une idée toujours très convaincante.

Nous saurons bientôt ce qu’a décidé de faire Henri Selmer Paris. Si la série est limitée, il n’y en aura pas pour tout le monde. Espérons que cela ne sera pas réservé qu’à de riches collectionneurs qui accrocheront çà au mur de leur salon à côté de leurs Selmer vintage à 25 000 euros… Du temps de leur heure de gloire, les guitares Selmer affichaient un prix non négligeable correspondant à un certain niveau de qualité mais restaient accessibles aux musiciens.

En attendant, régalons-nous avec ce beau documentaire et merci au passage à Henri Selmer Paris d’avoir mentionné le coffret 3CD Retrospective Django Reinhardt 1934-53 dans le générique !

History of Selmer guitars

Brand new Selmer guitars to come?

Django Reinhardt : nouvelles photos inédites depuis 1947 !

Django Reinhardt et son frère Joseph jouent au Jimmy's bar au milieu des tables en décembre 1947.

C’est une découverte extraordinaire : j’ai le plaisir de vous présenter en exclusivité des photos de Django Reinhardt totalement inédites, jamais vues depuis 1947. Merci à Guillaume Dambier pour ce partage.

Une piste pour des photos inconnues de Django

Elles ont pu être mises au jour le mois dernier après une demande auprès du fils du photographe Georges Dambier via le site dédié à son oeuvre... Cette enquête faisait suite à une information collectée grâce à Daniel Richard dans le cadre de ses recherches sur Eddie et Nicole Barclay. Elles lui ont permit d’identifier l’auteur d’un cliché connu de Django Reinhardt. En remontant le fil à partir de là et en recoupant avec une autre mention figurant sur un cliché déjà publié sur ce site, ces photos ont pu être retrouvées dans les archives de M. Dambier dont elles ne sont pas sorties depuis 77 ans !

Elles auraient été prises au Jimmy’s en décembre 1947. La photo ci-dessous où le premier fils de Django est présent ne serait peut-être pas prise le même jour. Peu d’éléments subsistent pour une datation et une location précise mais toute nouvelle information sera mise à jour.

Django et son fils Lousson à la guitare au Jimmy's Dec 47
Django Reinhardt à droite et son fils Lousson au centre avec un inconnu. © Georges Dambier

Des photos inédites… et une guitare jamais vue !

Quel plaisir de s’imaginer à la place des convives de cette soirée. Ils ont eu droit à un concert privé de Django accompagné de son frère Joseph alias « Nin-Nin ». Ce dernier semble jouer sur une guitare aux éclisses en érable ondé voire pommelé qui pourrait être une Di Mauro si l’on en juge par la forme de la tête, caractéristique.

En revanche, Django joue pour sa part sur un modèle jamais vu et a priori totalement inconnu des experts ès guitares djangoesques ou copies Selmer Maccaferri. Autrement dit : on n’a jamais vu de documents figurant Django Reinhardt jouant dessus, ni personne d’autre ! Un instrument rare en soi.

Les 3 experts consultés lors de la rédaction de cet article n’ont pas pu l’identifier. Bien que la plaque de protection ou la rosace puisse évoquer Busato à certains, la forme particulière de la tête ne correspond pas à celles fabriquées par le luthier, que ce soit les archtop ou les copies Selmer. Idem pour Sonora et Buccolo, a priori. On peut cependant remarquer la présence d’un micro monté sur la guitare, très proche de ceux que pouvait installer Busato à cette période ou après. La présence de repères de touches rectangulaires encore très peu communs est également une caractéristique notable.

Une chose est sûre : si jamais cette guitare a appartenu à Django, il ne l’a pas conservé longtemps. Ce fut le cas de toutes ses guitares à part une maigre poignée, notamment sa fameuse Selmer 503 léguée par sa veuve Naguine au musée de la musique de Paris ou sa Busato conservée par Alain Antonietto.

Après la découverte récente de la Chouette d’Or, avis donc aux guitarologues : la chasse de la mystérieuse guitare blanche est ouverte !

Django Reinhardt et son frère Joseph jouent au Jimmy's bar au milieu des tables en décembre 1947.
Django Reinhardt et son frère Joseph jouent au Jimmy’s en décembre 1947 avec un invité mystère au « tam-tam de table » à droite. © Georges Dambier

This is an extraordinary discovery: I have the pleasure of exclusively presenting never-before-seen photos of Django Reinhardt, unseen since 1947. Thanks to Guillaume Dambier for sharing them.

A promising lead for previously unseen Django Reinhardt photos

They were uncovered last month after a request was made to the son of photographer Georges Dambier via the website dedicated to his work. This investigation followed information collected thanks to Daniel Richard as part of his research on Eddie and Nicole Barclay, which allowed him to identify the author of a well-known photo of Django Reinhardt. By tracing the thread from there, these photos were found in archives, where they had remained for 77 years!

They are believed to have been taken at the Jimmy’s bar in December 1947. Though, the photo featuring Django’s first son Lousson ‘is present and (playing the guitar), may not have been taken on the same day than the two others. Few details remain for precise dating and location, but any new information will be updated.

Previously unseen pictures… with an previously unseen guitar!

Just imagine the joy of being seated amlong the guests that evening. They were treated to a private concert by Django, accompanied by his brother Joseph, also known as ‘Nin-Nin.’ The latter appears to be playing a guitar with flamed or quilted maple sides, which could be a Di Mauro judging by the distinctive shape of the headstock.

Django, on the other hand, is playing a model never before seen and, at first glance, entirely unknown to experts on Django-style or Selmer Maccaferri replicas guitars. In other words, no one has ever seen Django Reinhardt playing it, nor anyone else! A rare instrument indeed.

The 3 experts consulted during the writing of this article were unable to identify it. The pickguard or the soundhole could suggest Busato, but the distinctive shape of the headstock does not match those made by the luthier, whether it be the Archtop models or the Selmer replicas. The same goes seemingly for Sonora and Buccolo. We can spot a pick-up on the guitar, ressembling those Busato would mount at this era or after. Another noticeable feature is the use of rectangular dot marks on the fretboard.

One thing is sure: if this guitar ever belonged to Django Reinhardt, he didn’t keep it for long. This was the case with all his guitars, except for a small handful, notably his famous Selmer 503, bequeathed by his widow Naguine to the Musée de la Musique in Paris, or his Busato, given to Alain Antonietto by one of Django’s sister.

After the recent discovery of the french « Chouette d’or » (« Golden Owl »), here is a new challenge, this time for guitar enthusiasts: the hunt for the mysterious white guitar is on! »

Django Reinhardt et son frère Joseph jouent au Jimmy's bar au milieu des tables en décembre 1947.
Django et son frère Joseph alias « Nin-Nin » jouent au milieu des tables du Jimmy’s. Django semble jouer un accord F6sus2(#11), à moins que ce ne soit un Bm#5/F ou tout simplement un Sol majeur basse de Fa… © Georges Dambier

Les 3 dernières séances d’enregistrements de Django Reinhardt rééditées en vinyle et en streaming chez Decca Records

Photo de la couverture et du disque Vinyle 33T Django Reinhardt "The last Be-Bop sessions" (P) & (C) 2024 Decca Records France

J’ai eu le plaisir de réaliser cette compilation pour Decca Records France. Elle sera disponible à partir du 27 septembre 2024 sur la plupart des plateformes de streaming mais surtout en vinyle 33 Tours avec une superbe travail graphique de Jean-Luc Barilla.

Elle sera disponible en magasin dans les pays suivants : France, Nederlands, Belgique, Deutschland, Österreich, USA, New-Zealand, Italia, Grèce Ελλάδα, Suisse, Canada, Polska, Taiwan 臺灣.

Montage de plusieurs images de la couverture, du dos et des rondelles du disque vinyle "The last Be-Bop sessions" de Django Reinhardt.
Vinyle 33T Django Reinhardt « The last Be-Bop sessions » (P) & (C) 2024 Decca Records France

Des terrasses de café aux bals musette, des clubs de jazz aux plus prestigieuses scènes d’Europe et d’Amérique, Django Reinhardt n’aura cessé d’éblouir le monde avec sa guitare.

Les titres ici réunis et remasterisés à partir des bandes originales constituent une des plus belles preuves du génie et de l’extraordinaire faculté d’adaptation du guitariste, probablement le seul jazzman à avoir évolué si brillamment du swing au be-bop sans jamais compromettre son identité artistique.

Entouré de la première génération de boppers français, mis en valeur par des techniques d’enregistrement modernes et un son de guitare amplifiée parfaitement maîtrisé, Django Reinhardt atteint son apogée comme improvisateur, virtuose et compositeur : explorations personnelles du blues (Deccaphonie), compositions avant-gardistes (Anouman), relectures bop de standards (Fine and Dandy, Crazy Rhythm…), chansons françaises (Le soir, Chez moi…) et classiques comme Nuages ou Manoir de mes rêves qui tiennent du chef d’oeuvre.

La gloire lui tendait à nouveau les bras grâce aux séances Blue Star de mars 1953, produites par Eddie Barclay à la demande de Norman Granz qui souhaitait le convier aux USA et l’intégrer aux mythiques tournées Jazz at the Philharmonic. Hélas, il décèdera peu après ces enregistrements, à 43 ans.

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I had the pleasure of making this compilation for Decca Records France. It will be available from September 27 (October 4th in the USA), 2024 on most streaming platforms but especially in 33 Tours vinyl with a superb graphic work by Jean-Luc Barilla.

It will be available in stores in the following countries: France, Nederlands, Belgique, Deutschland, Österreich, USA, New-Zealand, Italia, Grèce Ελλάδα, Suisse, Canada, Polska, Taiwan 臺灣.

From café terraces to musette ballrooms, jazz clubs to the most prestigious stages in Europe and America, Django Reinhardt has never ceased to dazzle the world with his guitar.

Although less familiar to the general audience, the tracks gathered and remastered here are among the finest proofs of the guitarist’s genius and extraordinary adaptability, probably the only jazzman to have evolved so brilliantly from swing to be-bop without ever compromising his artistic identity.

Backed by the first generation of French boppers, benefiting from modern recording techniques and a perfectly mastered amplified guitar sound, Django Reinhardt reached his peak as an improviser, virtuoso and composer : personal explorations of the blues (Deccaphonie), avant-garde compositions (Anouman), bop interpretations standards (Fine and Dandy, Crazy Rhythm…), french songs (Le soir, Chez moi…) and his own standards like Nuages or Manoir de mes rêves which are masterpieces.

Glory was once again reaching out to him thanks to the Blue Star sessions of March 1953, produced by Eddie Barclay at the request of Norman Granz who intended to bring him to the USA in oprder to join the legendary Jazz at the Philharmonic tours. Alas, he will pass away shortly after these recordings at 43.

Une guitare jouée par Django Reinhardt aux enchères…

Montage photo avec à gauche Django Reinhardt jouant une guitare Levin et à droite, cette même guitare prise récemment en photo.

Vous avez sûrement déjà vu cette sublime série de photos de Django Reinhardt prise à New York lors de sa tournée en 1946 au sein de l’orchestre de Duke Ellington ? On peut y voir Django Reinhardt poser ses mains sur une guitare Levin De Luxe, prêtée pour l’occasion par Fred Guy, guitariste alors attitré de Duke Ellington.

DJANGO REINHARDT (1910-1953). Belgian jazz musician. At the Aquarium in New York City. Photograph by William P. Gottlieb, © 1946.

Mise en vente à plusieurs reprises ces dernières décennies, cette guitare fabriquée aux alentours de 1938 a été proposée à nouveau aux enchères via le site propstoreauction.com mais n’a pas réussi à partir, en tout cas pas au tarif souhaité par le vendeur qui a préféré annuler la vente. Peut-être que le prix de réserve élevé (autour de 70 000 livres anglaises) a dissuadé les amateurs d’acquérir une guitare n’ayant jamais appartenu à Django. Le prix était pourtant monté aux alentours de 65 000 livres…

Quels médiators jouait Django Reinhardt ?

Photo d'une boîte à bijou contenant un mediator en écaille de tortue ayant appartenu à Django Reinhardt

Le médiator ( aussi dénommé mediateur, plectre, plume…) est un objet de tourment et de fantasme permanent chez les guitaristes, trop souvent envisagé comme un Graal qui ouvrirait instantanément les portes de la virtuosité.

C’est en tout cas l’espoir secret de beaucoup d’entre eux et les amateurs de jazz manouche ne font pas exception. On se souvient du raz-de-marée de médiators Dunlop Tortex violets qui a submergé la communauté jazz manouche après que de fébriles scrutateurs l’aient repéré sous les doigts de Biréli Lagrène lors de la publication en 2004 du DVD culte, « Live à Vienne ». L’on n’ose alors imaginer les réactions à la découverte des plectres du grand Django Reinhardt. Roulement de tambour… La fébrilité et les coulées de sueurs s’installent.

Grâce à quelques saintes reliques et témoignages, tentons de trouver une réponse à cette question existentielle.

Il existe une constante en jazz manouche pour le choix du médiator, à savoir : disposer d’un plectre suffisamment rigide pour qu’il ne plie pas. En dehors de cela, vous lirez ou entendrez énormément d’avis différents, principalement motivés par des ressentis, croyances ou considérations commerciales diverses. Pour faire le point et lever certains mythes, vous pourrez d’ailleurs bientôt lire ici un article à ce sujet. Mais alors ? Que pouvait donc bien utiliser Django Reinhardt ?

Jusqu’à l’arrivée des médiators en matière synthétique au courant du 20e siècle (PVC, nylon…), la plupart des plectres étaient fabriqués en écaille de tortue ou en corne. La bakélite, un plastique aux composants naturels, pouvait être utilisée à l’occasion. L’écaille de tortue a cependant l’avantage de produire un son clair, équilibré et puissant tout en absorbant la transpiration, ce qui favorise sa tenue et réduit les glissements. Aujourd’hui quasiment interdit à la vente, cette matière était à l’époque de Django onéreuse mais courante.

Comme tous les musiciens de son temps, Django utilisait ce type de médiator. Il jouait sur une guitare acoustique, non amplifiée, dans un contexte de danse ou entouré d’instruments très sonores comme l’accordéon ou le violon. Il avait par conséquent besoin d’un médiator rigide, ne pliant pas, afin d’exploiter au maximum les possibilités acoustiques de sa guitare.

Plusieurs témoignages issus de sa famille ou de ses contemporains musiciens rapportent qu’il s’était déjà fabriqué des médiators. C’est plus que probable car de nombreux guitaristes (en particulier manouches) en font autant. On sait de plus que Django était très habile de ses mains pour toutes sortes d’activités.

Selon certains témoignages, faute de médiator, Django aurait même joué avec une dent de peigne pendant plusieurs jours durant un engagement sur la côte normande ! Quelques boutons en corne, provenant de veston ou de pantalons, ont paraît-il fait l’affaire plusieurs fois. Toujours est-il que plusieurs reliques subsistent aujourd’hui.

La première relique fut conservée par l’historien et Djangologiste Alain Antonietto. Elle lui fut léguée par Sara « Tsanga », une des soeurs de Django Reinhardt. Ce plectre finement décoré a probablement été fabriqué à partir d’une boîte, d’un peigne ou d’un accessoire. La présence de deux petits trous, sans aucune utilité sur un médiator, laisse penser qu’il s’agit de récupération. La couleur de l’écaille est a priori claire (ou « blonde ») et la pointe est légèrement abîmée par un éclat manquant.

Il est intéressant de signaler que selon Alain Cola (créateur des guitares Dell’Arte), Roger Chaput en possédait un similaire. Chaput, ancien pompiste du Hot Club de France, s’en servait sur une guitare classique à cordes nylon. Lorsqu’ Alain Cola demanda un jour à Chaput où il avait acheté ce plectre, ce dernier répondit : « C’est un médiator « à la Django » « .

1. Un médiator ayant appartenu à Django Reinhardt /Collection Alain Antonietto

Le second médiator de Django dont nous avons connaissance est très intéressant car il fut conservé par Stéphane Grappelli en personne avant qu’il ne l’offre à Martin Taylor. On remarque sur une video (vers 6’30) que ce médiator a été recollé (Martin Taylor le compare d’ailleurs à un coeur brisé). Outre une épaisseur visiblement généreuse et une apparence rustique voire « fait maison », l’élément le plus notable est sa conception à trois pointes. Chacune des extrémités présente une usure ou une taille différente. Ces pointes ont-elles été façonnées à dessein, avec des profils spécifiques pour le solo ou pour l’accompagnement ? Le fait d’avoir trois pointes permettait en tout cas de prolonger la durée de vie du plectre qui n’en dispose la plupart du temps que d’une seule.

Photo d'un médiator recollé ayant appartenu à Django Reinhardt,.
2. Médiator de Django Reinhardt transmis par Stéphane Grappelli à Martin Taylor.

Clôturons le tryptique avec ce troisième exemple dont la marque Manouche Picks propose des reproductions disponibles à la vente. A en croire les dimensions annoncées, ce médiator de Django Reinhardt tiendrait plus du bouton de veston que du médiator : il est très épais (au moins 4mm) et assez petit (27 x 28mm). Jokko Santing, fondateur de Manouche Picks donne quelques éclairages intéressants sur l’origine de ce médiator. Lullo Reinhardt avait hérité de l’original et le confia à Jokko pour en produire une copie. Celui-ci précise qu’il a en fait pu observer non pas un mais deux médiators originaux ! Leur authenticité lui a été confirmé par plusieurs membres directs de la famille de Django.

Photo sur fond blanc de la copie d'un médiator ayant appartenu à Django Reinhardt. la couleur translucide et tachetée évoque l'écaille de tortue.
3. Reproduction d’un médiator ayant appartenu à Django Reinhardt / Manouche Picks

A la vue de ces trois spécimens, un faisceau d’indices pointe donc vers un recours régulier à un plectre d’une épaisseur minimale d’environ 1,2 / 1,5 mm et pouvant aller jusque 4 mm. Cette épaisseur pouvait toutefois être encore plus conséquente, selon ce que Django avait sous la main !

Hommage à Doudou Cuillerier

Nous avons appris il y a quelques semaines la disparition précoce de Philippe « Doudou » Cuillerier suite à « une longue maladie ». C’est un personnage important de la galaxie Django qui s’en est allé : passeur, éducateur, animateur, créateur, formateur… Laissons la parole à Francis Couvreux qui l ‘a bien connu et a accepté que soit publié ici son bel hommage.

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Nous vivons et nous mourons sans savoir pourquoi. Doudou vient de nous quitter, emporté par le crabe à l’âge de 62 ans. Tous ceux, amis, musiciens qui ont eu la chance de côtoyer cette belle âme sont tristes. Je m’associe à la peine de sa famille, à celle de Victorine Martin, sa compagne.

Né en 1961 dans une famille de musiciens, Doudou a commencé par la guitare picking style Dadi avant d s’enthousiasmer pour la guitare jazz et la musique de Django. Dès 1984, on le voit faire ses classes aux côtés d’Angélo Debarre. Son drive impeccable en fait rapidement un accompagnateur très recherché. Il se produit et enregistre avec tous les cadors du style : Angélo, bien sûr, mais aussi Romane, Babik Reinhardt, Rodolphe Raffali, Tchavolo Schmitt, Christophe Lartilleux (Latcho Drom mais aussi Aman Michto avec deux musiciens nord africains), Patrick Saussois, Christian Escoudé, Lemmy Constantine, Ludovic Beier… Au début des années 90, Doudou fonde avec le guitariste Max Robin, le Fernando Jazz gang, formation qui met aussi en avant ses talents de chanteur ; sur fond de jazz gitano parisien pointe un crooner avec des accents à la Michel Legrand. En 94 le groupe enregistre un album qui deviendra une référence pour beaucoup d’aficionados, faisant connaitre à pas mal de monde les belles chansons en romanès de Schnuckenack Reinhardt ( Fuli tschaï, O letschto gurgo, Tu Djaial..). C’est à cette époque que je l’ai connu en programmant Le Fernando jazz gang à St Julien les villas (10) ; un homme d’une infinie gentillesse, humble, généreux, aimant plaisanter, bref très sympathique, que j’aurai chaque fois le même plaisir à retrouver lors de nombreux concerts mais aussi régulièrement sur l’ile du berceau, lors du festival de Samois.

Pionnier de la promotion de ce swing dit manouche, à une époque où il n’était pas encore à la mode, grand connaisseur de cette musique, Doudou a participé à la création de « French guitar », revue fondée par Romane, avant de diriger lui-même un petit bulletin « L’Echo des cuillères », tout ceci avant internet. N’oublions pas non plus ses talents de pédagogue (il donna des stages de guitare manouche dans tout l’hexagone).

Doudou a monté par la suite « Doudou swing », trio composé de Victorine Martin à la guitare et Antonio Licusati à la contrebasse (et parfois des invités) avec lequel il enregistra deux disques chez Frémeaux, qui font la part belle aux chansons (Doudou en a toujours écrit et il aime chanter, faire swinguer les textes avec légèreté et un ton frais, personnel) dont un destiné aux enfants « Monsieur Django et Mme Swing » (Doudou a toujours eu un feeling particulier avec les gosses). Ces dernières années il faisait partie du bien nommé Django all stars (Samson Schmitt, Ludovic Beier, Pierre Blanchard, Antonio Licusati), formation top niveau invitée chaque année aux Etas Unis. Il venait d’enregistrer « Django 70 » avec Ludo Beier et Antonio Licusati. Latcho drom mon Doudou ; tu seras toujours dans nos cœurs.

Francis Couvreux

Le guitariste et chanteur Doudou Cuillerier

We learned a few weeks ago about the premature passing of Philippe « Doudou » Cuillerier following « a long illness. » He was an important figure in the Django universe: a facilitator, educator, entertainer, creator, and instructor. Let’s hear from Francis Couvreux, who knew him well and has allowed his beautiful tribute to be published here.


We live and die without knowing why. Doudou has just left us, taken by cancer at the age of 62. All those friends and musicians who had the chance to know this beautiful soul are saddened. I share the grief with his family and his partner, Victorine Martin.

A pioneer in promoting this so-called gypsy swing at a time when it was not yet in vogue, a great connoisseur of this music, Doudou was involved in the creation of « French guitar, » a magazine founded by Romane, before running his own small newsletter « L’Echo des cuillères, » all this before the internet era. Let’s not forget his pedagogical talents (he conducted gypsy guitar workshops throughout the country).

Born in 1961 into a family of musicians, Doudou started with guitar picking in the Dadi style before becoming enthusiastic about jazz guitar and Django’s music. Since 1984, he was seen honing his skills alongside Angélo Debarre. His impeccable drive quickly made him a highly sought-after accompanist. He performed and recorded with all the top players in the style: Angélo, of course, but also Romane, Babik Reinhardt, Rodolphe Raffali, Tchavolo Schmitt, Christophe Lartilleux (Latcho Drom but also Aman Michto with two North African musicians), Patrick Saussois, Christian Escoudé, Lemmy Constantine, Ludovic Beier… In the early ’90s, Doudou founded the Fernando Jazz Gang with guitarist Max Robin, a band that also showcased his singing talents; amid Parisian gypsy jazz, a crooner emerged with shades of Michel Legrand. In 1994, the group recorded an album that became a reference for many aficionados, introducing a lot of people to the beautiful Romanes songs of Schnuckenack Reinhardt (Fuli tschaï, O letschto gurgo, Tu Djaial…). It was during this time that I got to know him when I programmed Le Fernando Jazz Gang in St Julien les villas (10); a man of infinite kindness, humble, generous, and fond of jokes – in short, very friendly, and I always had the same pleasure of meeting him at numerous concerts and regularly on L’île du berceau during the Samois festival.

Later, Doudou formed « Doudou swing, » a trio composed of Victorine Martin on guitar and Antonio Licusati on double bass (and sometimes guests) with whom he recorded two albums for Frémeaux, which highlighted the songs (Doudou has always been a songwriter, and he loves singing, infusing the lyrics with lightness and a fresh, personal touch), including one for children titled « Monsieur Django et Mme Swing » (Doudou always had a special connection with kids). In recent years, he was part of the aptly named Django all stars (Samson Schmitt, Ludovic Beier, Pierre Blanchard, Antonio Licusati), a top-level ensemble invited every year to the United States. He had just recorded « Django 70 » with Ludo Beier and Antonio Licusati. Latcho drom my Doudou; you will always be in our hearts.

Nouvelle photo « inédite » de Django Reinhardt

Photo de Django Reinhardt habillé en Matelot sur scène dans un cabaret avec son frère, Louis Vola et Roger Chaput en 1931 à Cannes
Photo parue dans Comoedia le 4 septembre 1931

L’émérite musicien, historien et musicologue de Jazz, Philippe Baudoin, vient de partager cette photo rare de Django Reinhardt. Exhumée après 92 ans, elle fut prise en 1931 à Cannes, au cabaret « La boîte à matelots » pour un article dans la revue Comoedia. On peut y voir de gauche à droite : Django Reinhardt (sur la fameuse guitare à double pan coupé Gomez Ramirez, hébergée au musée de la musique de Paris), Louis Vola (probablement car mentionné sur la photo mais peu reconnaissable ), Joseph « Nin-Nin » Reinhardt et Roger Chaput selon toute vraisemblance.

Outre sa nouveauté, l’intérêt de cette photo est de représenter Django Reinhardt au moment de sa vie où il découvre vraiment le jazz. Ce tournant décisif se produit grâce à une séance d’écoute de disque impromptue lors de sa rencontre avec le peintre et photographe Emile Savitry à Toulon. Django entendit Louis Armstrong, Duke Ellington… Le choc esthétique fut si grand qu’il prit sa tête dans ses mains et se mit à pleurer.

The emeritus jazz musician, historian and musicologist Philippe Baudoin, has just shared this 1931 photo, taken in Cannes at the cabaret « La boîte à matelots ». Unveiled after 92 years, we can see from left to right: Django Reinhardt (playing the famous double cut-away Gomez Ramirez guitar, housed at the Musée de la musique de Paris), Louis Vola (mentioned in the photo but not very recognizable), Joseph « Nin-Nin » Reinhardt and Roger Chaput (in all likelihood). This photo was to be published in Comoedia, september 4, 1931.

Besides its novelty, the interest of this photo lies in its capture of Django Reinhardt at the time of his life when he really discovered jazz, thanks to an impromptu record listening session during his meeting with the painter and photographer Emile Savitry, in Toulon.