Disparition d’Alain Antonietto, l’historien de référence de Django Reinhardt et du jazz manouche.

Alain Antonietto jouant de la guitare dans un appartement

Je viens de perdre un ami. Tous les amoureux de Django et du jazz manouche, de la musique tsigane, du be-bop, du cool viennent de perdre un ami. Alain Antonietto était un passionné, érudit, historien de ces musiques. Vous ne le connaissiez peut-être pas mais il a fait tellement pour l’héritage culturel de Django Reinhardt et du jazz manouche. C’est peut-être grâce à lui que vous êtes tombés dedans, tant il a fait pour promouvoir cette musique et connecter ses amateurs entre eux.

Il est l’auteur du livre « Rhytmes futurs », à mon sens la biographie la plus complète de Django Reinhardt.

Recherches, articles, projets divers… L’émotion me limite dans des mots et mes souvenirs si nombreux. Il a aidé tant de musiciens, de labels, il a écrit pour « Etudes tsiganes », il a cherché et rassemblé tant de choses sur Django.

Je l’ai rencontré en 2003 grâce à Daniel Richard (merci encore Daniel). Notre premier coup de fil a duré 2 heures. J’étais fasciné, il m’a donné accès à un monde insoupçonné. Nous avons travaillé sur le coffret Django Reinhardt Retrospective 1934-53 et puis sur d’autres projets, certains malheureusement avortés (documentaire sur Django dont de nombreux rush subistent peut-être), d’autres volés (nous avions proposé en premier l’exposition sur Django à la cité de la musique, heureusement Alain fit partie de l’équipe finale).

Jusqu’à il y a quelques années, la quasi totalité de la scène manouche lui envoyait ses productions pour conseil, approbation ou simple remerciement. Il n’était pas médiatisé mais incontournable.Il partageait tant de choses avec tous les passionnés : enregistrements, documents, photos, informations… Le monde de la Djangologie et du jazz manouche lui doit énormément.

Il démystifiait aussi beaucoup de choses du passé auprès des jeunes générations.

Tous ses amis savent combien il était prolixe et généreux avec les lettres qu’il envoyait régulièrement : personnalisées, pleines d’humour, d’enthousiasme et d’espièglerie. C’était un véritable travail à plein temps pour ce professeur de dessin à la retraite toujours si vif d’esprit !

Il était un puits de science sur Django, la référence que tout le monde consultait, il faut le dire. Vous pourrez lire son livre « Rhytmes futurs » pour tout savoir sur Django dont il a connu toute la famille.

Il m’a tant donné et appris à tant de niveaux. Il sera irremplaçable. Il me reste des dizaines de lettres que j’ai gardé précieusement et que je relirai, comme si elles venaient d’arriver au courrier… promesse renouvelée de sourires, de bienveillance, de connaissance et d’esprit.

Pardonne-moi pour cet hommage maladroit, abîmé par l’émotion. Il y aurait tant d’autres choses à dire sur ta modestie et ta générosité proprement hors du commun.

Cà y est mon vieux, tu vas enfin pouvoir entendre Django dans les nuages. Profites et penses à nous. On se retrouvera.

Alain Antonietto et Patrick Saussois au festival Django Reinhardt de Samois sur Seine en 2003

I just lost a friend. All Django and gypsy jazz lovers just lost a friend. Sorry but exceptionnaly I partially used an automatic translator so that english speaking people can know about him. I’m too sad to do this myself now.

Alain Antonietto was one of the greatest specialists of Django and gypsy jazz (but also bebop, cool jazz, tsigan music). You may not know him, but he’s done so much for this music. It may be because of him that you fell in, he did so much to promote this music, preserve its memory and connect its amateurs with each other.

He is the author of the book « Rhytmes futurs », to me the most complete Django Reinhardt biography.Researches, articles, various projects…

Emotion limits me in words and my memories so many. He helped so many producers and musicians, wrote for « Etudes tziganes », bought and collected so much about Django.

I met him in 2003 thanks to Daniel Richard (thanks again Daniel). Our first call lasted 2 hours. I was fascinated, he gave me access to an unsuspected world. We worked on the Django Reinhardt box set Retrospective1934-53 and then on other projects, some unfortunately aborted (documentary about Django whose many rushe may be lying somewhere), others stolen (we had proposed first the exhibition on Django, fortunately Alain was part of the final team).

Until a few years ago, almost the entire gypsy jazz scene sent him his productions for advice or approval. It was not mediated but unavoidable.He shared so much with all the enthusiasts: recordings, documents, photos, informations… The world of Djangology and Gypsy jazz owes him a lot.

For the younger generations, he also demystified a lot of things from the past.

All his friends know how prolix and generous he was with the letters he regularly sent: personalized, full of humour, enthusiasm and mischief. It was a real full-time job for this witty retired drawing teacher!

He was a well of science on Django, the reference that everyone consulted, it must be said. You can read his book « Future Rhythms » to learn all about Django, of which he knew the whole family.

Alain was a drawing teacher. He gave and teached me so much on so many levels. He will be irreplaceable. I have dozens of letters left, which I have carefully kept and which I will reread, as if they had just arrived in the mail.

Forgive me for this awkward tribute, damaged by emotion. There would be so many other things to tell about your modesty and out of this world generosity.T

hat’s it my old friend, you’ll finally be able to hear Django in the clouds. Enjoy and think of us. We’ll meet again.

Alain Antonietto & Matelo Ferré.

Le retour de la contre-attaque du jazz musette !

Couverture du disque "La contre-attaque du jazz musette Vol.2 : dessin noir et blanc de l'accordéoniste Erwan Mellec et du guitariste Thomas Le Briz

Swing of France, fondé en 2010, vient de nous gratifier d’un second album intitulé « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Pas besoin de vous préciser le nom du premier mais rappelons peut-être qu’entre ces deux opus, une reprise du classique « Manouche Partie « de Jo Privat avait été réalisée pour le label Frémeaux et Associés par la même formation augmentée de Daniel Givone. Sans parler des tournées à l’international (USA, Chine, Biélorussie, Japon) et de la distribution de leur musique dans plus d’une trentaine de pays.

Voici donc un album à la croisée du jazz, du musette, du swing mais aussi du rock’n’roll (ce solo de guitare de Thomas Le Briz sur « Flots bleus » !) voire de la soul que l’on entend pointer parfois dans la voix d’Erwan Mellec. On écoute, on songe, on danse sur cet album authentique et sincère qui se clôt en beauté avec une reprise sensible du titre « Java ». Non je ne vous en dirai pas plus car je vous invite vraiment à acheter cet album !

Swing of France, founded in 2010 has just given us a second album entitled « La contre-attaque du jazz musette Vol.2 ».

Needless to indicate the name of the first one but let us recall that between these two records, a revival of the classic « Manouche Partie » of Jo Privat had been released by the same band with guitarist Daniel Givone as a guest for the Frémeaux et Associés label.

Not mentionning international tours (USA, China, Japan…) nor the distribution of their music in more than 30 countries.

So here is an album at the crossroads of jazz, musette, swing with a twist of rock’n’roll (this guitar solo by Thomas Le Briz on « Flots bleus »!) and soul with soulful accents of Erwan Mellec’s singing. We listen, we wander, we dance to the sound of this authentic and sincere album that ends beautifully with a sensitive cover of the title « Java ». No, I will not tell you more because I really encourage you to buy this album!

Documentaire sur Roger Chaput (Feat. Django Reinhardt)

Le guitariste de jazz Gilles Rea vient de réaliser un documentaire sur Roger Chaput, guitariste ayant notamment joué dans le Hot Club de France. Visible sur Youtube et richement illustré par de nombreux documents d’époque, ce documentaire est en grande partie basé sur un enregistrement réalisé par Dominique Cravic. Ne vous étonnez donc pas si le visuel du film ci-dessus a des réminiscences d’iconographie primitive et futuriste à la fois (comprenne qui pourra).

Il s’agit donc d’un témoignage sur cassette audio dans lequel Roger Chaput, véritable titi parisien, raconte sa carrière de musicien. Remise en contexte, anecdotes savoureuses, astuces du « métier », évocation de Django Reinhardt… Découvrez-le ici sur Youtube.

Pensez aussi à visiter le site de Gilles Rea (mine d’or pédagogique autour de la guitare jazz proposant de nombreuses transcriptions) et à soutenir ses initiatives en faisant un don.

French jazz guitarist Gilles Rea has just finished a documentary about Roger Chaput, former Quintette of the Hot Club of France member. Available on Youtube, this documentary is illustrated with heaps of documents from the musette and swing era. It is based on an audio recording of Roger Chaput made by another guitarist, Dominique Cravic (leader of the famous Primitifs du futur band).

In this audio cassette recording, Roger Chaput tells about his career as a musician with a delicious parisian accent (french speakers will appreciate). Context, anecdotes, musician tips and tricks, memories of Django Reinhardt… You can watch it on Youtube.

Please also visit Gilles Rea’s website (a jazz guitar material goldmine, with heaps of transcriptions) and to support him by making a donation.

Photos et documents inédits de Django Reinhardt !

DJango Reinhardt et Dizzy Gillespie à Bruxelles, la rose noire en 1953

1. Des découvertes régulières

On ne se lassera jamais et l’on ne cessera de s’étonner que la source de documents inédits (ou exhumés) concernant Django Reinhardt ne soit pas encore tarie. L’artiste est décédé en 1953 et pourtant, régulièrement, des photos continuent à refaire surface pour la plus grande joie des aficionados et des collectionneurs. Hélas, à l’instar de Charlie Parker, les découvertes de nouvelles images filmées restent aussi rares qu’une pluie dans le désert d’Atacama. Bref, les photos, disions-nous… Voici une série d’inédits mis au jour depuis l’été 2020 et janvier 2021.

We will never be bored nor stop being astonished that previously unseen or rare Django Reinhardt documents’ well still didn’t dried up. The arstist died in 1953 and yet, regurlarly, photos keep resurfacing to the greatest delight of fans and collectors. Alas, as for Charlie Parker, finds of new film footage remain as scarce as rain in the Atacama desert. Here is a series of previously unseen documents discovered beetween summer 2020 and january 2021.

2. Photos inédites de Django Reinhardt

Commençons par cette photo vue par Guillaume Lesigne sur Ebay en mars 2021 et qui représente Django Reinhardt, tout sourire devant l’affiche de son concert imminent au cinéma Le Cameo, 32 Boulevard des Italiens dans le neuvième arrondissement de Paris. Le grain de la photo, de mauvaise qualité, pourrait laisser penser à photo d’écran ou à une image tirée d’un film. Quoiqu’il en soit, voici le cliché d’un artiste aux anges et au faîte de sa gloire. En cette période d’occupation, Django Reinhardt était un artiste des plus populaires aux côtés d’Edith Piaf ou de Maurice Chevalier.

Photo du nouveau Quintette du Hot Club de France sur la scène du Cameo, le 22 février 1944. Django Reinadt joue sur sa guitare Selmer et on reconnaît notamment Emmanuel Soudieux à la basse.

Passons maintenant à un contexte beaucoup plus décontracté et familial. Merci à Pierre Vées qui a diffusé sur les réseaux sociaux ce cliché privé de Django aux côtés de la famille de Tchavolo Vées (frère d’Eugène « Ninine » Vées).

Thanks to Pierre Vées who shared on social networks this photo of Django alongside Tchavolo Vées’ family. Tchavolo was Eugène « Ninine » Vées’ brother.

A présent, attardons-nous sur cette photo découverte par le guitariste Jan Brouwer, publiée sur un site consacré au batteur Al Jones. Ce cliché témoigne d’une rencontre qui mériterait d’inventer la machine à remonter le temps. Il a été pris à la rose noire, club de jazz bruxellois, en mars 1953. Ce club se situait Petite rue des bouchers, à deux pas de la grand place. Il accueilli les plus grands jazzmen de passage à la capitale belge : Count Basie, Charlie Parker, Clifford Brown, Roy Eldridge… ainsi que Dizzy Gillespie et Django Reinhardt. On savait (photo à l’appui) que Django avait rejoint Dizzy sur scène pour jouer « Perdido ». La configuration de cette photo est clairement différente de celle du concert de Gillespie.

Les acolytes ont-ils jammé au club après le concert de Dizzy ? Etait-ce dans le cadre d’une programmation à « la rose noire » ? S’étaient-ils revus lorsque Gillespie a joué quelques semaines auparavant, le 9 février, à Paris (Salle Pleyel) ?

Let’s now take the time to look at this picture discovered by guitarist Jan Brouwer on a website dedicated to the drummer Al Jones. This photo is a testimony of an encounter worth the invention of a time machine. It was taken at « la rose noire » (the black rose), Brussels jazz club, in March 1953. This club was located Petite rue des bouchers, close to the main square. It welcomed the greatest jazz musicians that toured the Belgian capital in the 50’s: Count Basie, Charlie Parker, Clifford Brown, Roy Eldridge… as well as Dizzy Gillespie and Django Reinhardt. We knew (photo supported) that Django had joined Dizzy on stage to play « Perdido » during one of the trumpettist’s concert. The configuration of the venue is clearly different to the one of the Gillespie concert. Did they jam in this club after Dizzy’s concert? Was it for a gig? Did Django and Dizzy met when Gillespie played at the Salle Pleyel in Paris a few weeks before on february 9th?

3. Articles et interviews

Remercions à présent Antoine « Gatsby » du site « djangoreinhardtdanslapresse » d’avoir déniché ces documents oubliés depuis leur parution ! Ils ont été publiés par le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France. N’hésitez pas à aller y jeter un oeil pour puisque les découvertes sont encore possibles !

Voici tout d’abord un article réjouissant, avec photo, paru dans « Compagnons » le 10 septembre 1942 :

Let us now thank Antoine « Gatsby », from the « djangoreinhardtdanslapresse » website, for finding these documents, never seen again since their publication! They were published by Gallica, the Bibliothèque Nationale de France (French national library) website. Don’t hesitate to take a look at it since discoveries are obviously still possible!

First, here is a delightful article, with a photo, published in « Companions » on september 10th, 1942:

Ensuite, un cliché de Django et son premier fils Lousson, s’amusant avec un 3e homme. Lousson joue sur une guitare à 4 cordes. On devine l’emblème des Etats-Unis sur le mur. Paru en 1948.

Now for a picture of Django and his first son Lousson, having fun with a third man. Lousson is playing a four stringed guitar. We can see a part of the United Sates emblem on the wall. First published in 1948.

4. Un document exceptionnel – le programme du premier festival de Jazz au monde, autographié par les légendes du jazz.

Ce programme du festival de jazz de Nice de 1948 (premier festival de jazz au monde !) à de quoi faire rêver… On y reconnaît, entre autres, les signatures de Louis Armstrong, Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Hugues Panassié, Mezz Mezrow, Baby Dodds, Lucky Thompson…

This 1948 Nice Jazz festival program (first ever jazz festival in the world!) is something to dream of… We can identify, among others, the signatures of Louis Armstrong, Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Hugues Panassié, Mezz Mezrow, Baby Dodds, Lucky Thompson…

Video « Lady be Good » (live au Charlie)

Joli souvenir d’un passage le 18 janvier à la jam du Charlie sur invitation du talentueux Arsène Charry, en compagnie du bassiste Gabriel Seyer. Vivre à Paris n’est pas toujours facile mais son titre de capitale du jazz manouche n’est pas usurpée avec quasiment une jam par jour de la semaine. Un régal pour les Djangophiles !

Nice memory from a jam at Le Charlie, last january 18th, with young, talentful Arsène Charry on guitar and Gabriel Seyer on bass. Living in Paris is not always easy but it still deserves its title of Gypsy Swing capital city with one jam session per day of the week. A treat for all djangomaniacs!

Les guitares Di Mauro vont renaître.

Cela avait été annoncé par Dorothée Di Mauro en juillet dernier et c’est maintenant confirmé : le luthier François Vendramini va reprendre la production de guitares estampillées Di Mauro. Fondée en 1925, cette maison fait partie des noms incontournables lorsque l’on évoque la guitare manouche.

Dorothée Di Mauro et François Vendramini autour d’un exemplaire du célèbre modèle « Special Chorus ».

What had been anounced by Dorothée Di Mauro last july is now confirmed: french luthier François Vendramini is reviving the production of Di Mauro guitars. Founded in 1925, this house stands among the unavoidable names in any gypsy jazz guitar conversation.

Sorties albums jazz manouche : la sélection

L’avantage d’avoir son propre site, c’est de pouvoir chroniquer en totale liberté et à son rythme ! J’aimerais donc partager avec vous deux beaux albums publiés récemment. J’ai été peu prolixe ces derniers mois sur le site alors je me suis dit qu’un tir groupé ne ferait pas de mal.


Drom Blanchard Quartet avec Paul Guta :« Nostalgie du voyage »

Si vous cherchez un album 100 % jazz manouche au lait cru et viande de poignet bio, arrêtez-vous tout de suite ! Du pur plaisir, sans complexes avec cet album qui brûle de bout en bout d’un feu manouche, gitan, tsigane… L’engagement et la clarté d’exécution y sont brillants. Musique de genre, de répertoire, folklore ? Oui et alors ? Lorsque c’est si bien réalisé, que le swing vous prend et que les harmonies vous chatouillent les oreilles en direct du coeur, a-t-on vraiment besoin de plus ? Voici donc un disque authentique et vrai, à écouter et à offrir à tous ceux désireux de s’initier au jazz manouche.

Pour commander le disque : https://www.dromblanchardtrio.com/contact-c20x9


Christophe Astolfi et son quartet : « Joue les inédits de Pierre »Baro » Ferre« 

Voilà le disque d’un esthète pour qui la musique est une chose sérieuse. On rappellera l’excellence de son album « Christophe Astolfi et son trio jouent des valses » qui devrait faire partie de n’importe quelle discothèque « manouche » digne de ce nom. Avec cet album, Christophe Astolfi met au jour des compositions inédites de Baro Ferré. Oui vous avez bien lu : le créateur de la « valse Be-bop » sûrement la figure la plus originale après Django dans la galaxie musicale gitano-manouche. Avec cet authentique exercice de style, Astolfi a monté ces pièces dans l’esprit du « Swing Valses d’hier et d’aujourd’hui » de Baro Ferré, paru chez Vogue (le label de Charles Delaunay) en 1966. Chacun appréciera ou non la mise en forme quasi à l’identique mais finalement la cohérence l’emporte sur les considérations esthétiques de chacun. C’est par conséquent l’idéal complément du disque de Baro Ferré, nous rappellant combien le guitariste avait un univers extrêmement singulier et original. On appréciera particulièrement la photo de couverture et le travail de graphisme, au point que l’on aurait du mal à imaginer autre chose. C’est très bien vu… et très bien joué, dans tous les sens du terme !

Pour commander le disque : https://christopheastolfi.com/boutique/album-christophe-astolfi-inedits-baro-ferre/

D’où vient le nom du morceau « R26 » ?

Cette photo a été prise chez Robert et Madeleine Perrier à Montmartre, sur l’actuelle place Marcel Aymé. Robert et Madeleine étaient les parents de Jacotte Perrier qui avait chanté et enregistré quelques titres, durant son enfance, avec le Quintette du Hot Club de France. « Ric et Pussy« , « Les salades de l’oncle François« … Un répertoire destiné au jeune public.
. L’appartement était au sixième et dernier étage. Le Quintette venait y répéter de temps en temps. Robert et Madeleine Perrier y donnaient souvent des fêtes. Mode, musique, peinture… une communauté entière d’artistes et de créateurs laissaient libre court à leur fantaisie dans la bonne humeur la plus totale. Stéphane Grappelli aimait s’installer au piano, en duo avec la guitare de Django. Ce dernier, on le sait, parlait très peu mais la rareté de ses mots était semble-t-il compensée par un rire aux éclats irrésistibles et communicatifs. C’est du moins de cette façon que Jacotte nous l’a remémoré.

Ce point de rendez-vous avait donc pour adresse la place Marcel Aymé (où trône une statue du Passe-muraille réalisée par Jean Marais). La rue portait un autre nom à l’époque (rue Norvins) et l’immeuble portait le numéro 26. Chez Robert, au 26. Ainsi fut nommé le morceau « R26 » !

Jacotte Perrier a vécu là toute sa vie. Durant les beaux jours, elle laissait les fenêtres ouvertes et un moineau du quartier lui rendait souvent visite. Sa coupelle de graines l’attendait dans le salon. J’ai eu la chance de la rencontrer avec Didier Portal et Alain Antonietto. Elle chérissait cet appartement, encore rempli d’oeuvres des grands artistes de Montmartre. Gen Paul était leur voisin tout comme Maurice Utrillo et tant d’autres… Chaque année, des étudiants étrangers résidaient chez Jacotte Perrier qui avait à coeur de les initier à la culture française.
Après l’avoir interviewée et discuté avec elle, nous lui avions fait visionner le court-métrage « Jazz Hot » qu’elle n’avait jamais vu. Elle fut très émue et à la fin se tourna vers nous, les larmes aux yeux en confiant : « Vous m’avez rendu mes copains »…

Django par Gen Paul, voisin des Perrier à Montmartre.

The tune « R26 » was composed as a tribute to Robert Perrier. The photo shown above has been taken at Robert and Madeleine Perrier’s appartment (they were the parents of Jacotte, who sang as a teenager with the QHCF) in Montmartre, on the actual place Marcel Aymé.

This appartment was at the 6th floor, overlooking Paris from its very top. Robert et Madeleine used to give parties there, inviting many of their artist friends and accointances from the Paris scene: musicians, fashion designers, painters, poets. All of them could give their creativity and imagination free rein. Stéphane Grappelli loved to sit at the piano and play as a duo with Django’s guitar. The latter, as we know, was a man of few words but his lack of speech was compensated by contagious and irresistible laughters. Well that is how Jacotte remembered it with us.

So the adress of this meeting point was the place Marcel Aymé. Aymé was a french author whose most famous work was a book called the « Passe-muraille » (the « walk- through walls » man). Jean Marais (famous and handsome actor who were a long time the lover of french artist Jean Cocteau) made a sculpture of the « Passe-muraille » which is still present on this place but back in the days, the street was named rue Norvins. There you have it: the building was on the 26 rue Norvins. At Robert’s, 26 rue Norvins. That’s how « R26 » was named!

R26 Happy new year Django
The R-26 society New Year wishing card.

Jacotte lived there her whole life. During spring and summer, she used to let the windows opened so that a sparrow from the neighbourhood could visit her. A cup of seeds was waiting in the living-room for this bird. I had the luck to meet Jacotte with director Didier Portal and chief djangologist Alain Antonietto. She cherished this appartment, still filled with masterpieces from Montmartre’s great artists. Gen Paul was her neighbour as well as Utrillo and many others… Every year, foreign students were staying at Jacotte’s who was dedicated to teach them about french culture.

After having interwied and chatted with her, we made her watch the short movie « Jazz Hot » which she had never seen before. It moved her deeply and she then turned to us, her eyes moisted with tears, saying: « You brought me my friends back ».

La première visite guidée à Pigalle et Montmartre sur les pas de Django et Stéphane

Aujourd’hui, ce sont plus de 40 personnes venues d’allemagne qui ont pu participer à la première visité guidée consacrée à Django Reinhardt, Stéphane Grappelli et le QCHF. Au coeur de Pigalle et Montmartre, le tour « Sur les pas de Django et Stéphane » vous fait découvrir (pendant environ deux heures) une sélection de lieux qui ont fait l’histoire de ces deux génies du jazz français. Où venaient-ils chercher leurs premiers engagements ? Où répétaient-ils? Où habitait Stéphane Grappelli ? Où Django venait-il s’approvisionner en guitares ? Où résidait-il ? Que signifie « R26 »? Qui pouvait-on croiser à « La roulotte » en 1944?

Cette visite vous donnera les réponses, en parcourant deux des plus iconiques quartiers de Paris. Je vous tiendrai informé des prochaines dates, ne pouvant proposer ce tour que très ponctuellement.

 

Today, it is more than 40 people from Germany who were able to participate in the first guided tour dedicated to Django Reinhardt, Stéphane Grappelli and the QCHF. At the heart of Pigalle and Montmartre, the tour  » Following the steps of Django and Stéphane  » makes your discover, in two hours, a selection of places where history of these two geniuses of the French jazz happened. Where did they come to find gigs? Where did they rehearse? Where did Stéphane Grappelli used to live? Where was Django’s guitars supplier? Where did he live? What does « R26 » means? Who could you stumble upon at « La Roulotte » in 1944?

This visit will give you the answers, while  walking two of the most iconic districts of Paris. I will keep you informed about the next dates for this tour can only be proposed occasionally.

Reprise d’une des plus anciennes jam manouche de Paris

Je crois ne pas dire de bêtises en disant que c’est la plus ancienne jam manouche parisienne en activité qui va reprendre ce soir !

La Locandiera devenue Oberzinc et maintenant renommée « Les marquises » héberge à nouveau, après une pause de quelques mois, une jam swing manouche acoustique. Cette jam a vu passer à leurs débuts Sébastien Giniaux, Aurélien Trigo, Frangy Delporte, Edouard Pennes, Gildas Lepape, Remi Oswald, Chriss Campion et beaucoup d’autres…

Animée par l’adorable Fred Marques, elle débute tous les mardis à 21h jusque minuit environ !

Allez soutenir Fred, sa sympathie et son ouverture musicale légendaire.

 

I think I’m not mistaken by saying that one of the oldest running gypsy jazz jam session is about to resume its activity tonight.

« La Locandiera », which then became « Oberzing » and now called  « Les marquises » shelters again, after a few months break, an acoustic gypsy jazz jam. This jam saw the beginnings of Sébastien Giniaux, Aurélien Trigo, Frangy Delporte, Edouard Pennes, Gildas Lepape, Remi Oswald, Chriss Campion and many others…

Run for several years by the lovely Fred Marques, it starts each tuesday at 9 pm and ends around midnight.

So please go and support Fred, his cheerfulness and legendary musical openness.

 

LES MARQUISES

145 RUE OBERKAMPF

75011 PARIS