Publiée dans un programme radio de 1953 (Radiocorriere), cette photo a été prise en studio à Rome en 1950, dans les studios de la RAI, Via Asagio.
Django Reinhardt joue sur une guitare Mogar équipée d’un micro de guitare éléctrique. On a souvent pensé que Django avait fait ces enregistrements avec une archtop à cause de ce son typique mais le micro est ici rapporté.
En examinant les détails, tout porte à croire que ce cliché a été pris en même temps que l’autre photo de cette session d’enregistrement, déjà connue, représentant Django avec le saxophoniste André Ekyan, le contrebassiste Alf Masselier et le pianiste Ralph Schécroun. Il manque le batteur Roger Paraboschi sur la photo.
Le virtuose manouche à en tout cas l’air de s’amuser comme un fou sur ce « nouveau » cliché.
Merci à Guillaume Lesigne d’avoir partagé cette découverte faite grâce à un groupe de collectionneurs italiens.
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Published in a 1953 radio program (Radiocorriere), this photo was taken in a studio in Rome in 1950, at the RAI studios on Via Asagio.
Django Reinhardt is playing a Mogar guitar equipped with an electric guitar pickup. It was often thought that Django made these recordings with an archtop guitar because of this distinctive sound, but the pickup is a separate piece.
Examining the details, everything suggests that this photo was taken at the same time as the other known photo from this recording session, showing Django with saxophonist André Ekyan, bassist Alf Masselier, and pianist Ralph Schécroun. Drummer Roger Paraboschi is missing from the photo.
The Gypsy virtuoso certainly looks like he’s having a blast in this « new » picture.
Thanks to Guillaume Lesigne for sharing this discovery, made thanks to a group of Italian collectors.
Après de nombreuses années dans le monde du jazz manouche, j’ai pensé qu’il serait utile de recenser tous les noms de luthières, luthiers et marques ayant fabriqué ou fabriquant actuellement des guitares dites « manouches ». Tous ? En tout cas le maximum.
Après de longues recherches, voici la liste que j’ai pu établir. Evidemment et pour notre plus grand plaisir, cette liste évolue et va continuer à s’étoffer.
N’hésitez pas à laisser un commentaire pour signaler tout nom qui aurait échappé à ma vigilance. Vous trouverez tous les luthiers et marques de guitare manouche à travers le monde que j’ai pu recenser.
La liste contient les luthiers disparus, vivants, actifs ou pas. Les noms sont classés par nom de famille. Les liens disponibles seront ajoutés au fur et à mesure.
Que le swing soit avec vous !
Gypsy guitar makers list
After many years in the gypsy jazz community, I thought it would be useful to list all the luthiers (and brands) who have made or are currently making gypsy guitars. All of them? Let’s say: the maximum. After years of research, here is the list I was able to establish. Obviously and for our greatest pleasure, this list will keep growing.
Please do not hesitate to leave a comment or contact me to let me know about any name that may have been ignored. You will find hereafter all the gypsy guitar makers and brands around the world that I have been able to collect.
The list contains those who are gone, alive, active or not. Names are sorted by family name: the available links will be progressively added.
May the swing be be with you!
Liste des luthiers de guitare manouche / Gypsy guitar makers list
C’est une découverte extraordinaire : j’ai le plaisir de vous présenter en exclusivité des photos de Django Reinhardt totalement inédites, jamais vues depuis 1947. Merci à Guillaume Dambier pour ce partage.
Une piste pour des photos inconnues de Django
Elles ont pu être mises au jour le mois dernier après une demande auprès du fils du photographe Georges Dambier via le site dédié à son oeuvre... Cette enquête faisait suite à une information collectée grâce à Daniel Richard dans le cadre de ses recherches sur Eddie et Nicole Barclay. Elles lui ont permit d’identifier l’auteur d’un cliché connu de Django Reinhardt. En remontant le fil à partir de là et en recoupant avec une autre mention figurant sur un cliché déjà publié sur ce site, ces photos ont pu être retrouvées dans les archives de M. Dambier dont elles ne sont pas sorties depuis 77 ans !
Elles auraient été prises au Jimmy’s en décembre 1947. La photo ci-dessous où le premier fils de Django est présent ne serait peut-être pas prise le même jour. Peu d’éléments subsistent pour une datation et une location précise mais toute nouvelle information sera mise à jour.
Quel plaisir de s’imaginer à la place des convives de cette soirée. Ils ont eu droit à un concert privé de Django accompagné de son frère Joseph alias « Nin-Nin ». Ce dernier semble jouer sur une guitare aux éclisses en érable ondé voire pommelé qui pourrait être une Di Mauro si l’on en juge par la forme de la tête, caractéristique.
En revanche, Django joue pour sa part sur un modèle jamais vu et a priori totalement inconnu des experts ès guitares djangoesques ou copies Selmer Maccaferri. Autrement dit : on n’a jamais vu de documents figurant Django Reinhardt jouant dessus, ni personne d’autre ! Un instrument rare en soi.
Les 3 experts consultés lors de la rédaction de cet article n’ont pas pu l’identifier. Bien que la plaque de protection ou la rosace puisse évoquer Busato à certains, la forme particulière de la tête ne correspond pas à celles fabriquées par le luthier, que ce soit les archtop ou les copies Selmer. Idem pour Sonora et Buccolo, a priori. On peut cependant remarquer la présence d’un micro monté sur la guitare, très proche de ceux que pouvait installer Busato à cette période ou après. La présence de repères de touches rectangulaires encore très peu communs est également une caractéristique notable.
Une chose est sûre : si jamais cette guitare a appartenu à Django, il ne l’a pas conservé longtemps. Ce fut le cas de toutes ses guitares à part une maigre poignée, notamment sa fameuse Selmer 503 léguée par sa veuve Naguine au musée de la musique de Paris ou sa Busato conservée par Alain Antonietto.
Après la découverte récente de la Chouette d’Or, avis donc aux guitarologues : la chasse de la mystérieuse guitare blanche est ouverte !
This is an extraordinary discovery: I have the pleasure of exclusively presenting never-before-seen photos of Django Reinhardt, unseen since 1947. Thanks to Guillaume Dambier for sharing them.
A promising lead for previously unseen Django Reinhardt photos
They were uncovered last month after a request was made to the son of photographer Georges Dambier via the website dedicated to his work. This investigation followed information collected thanks to Daniel Richard as part of his research on Eddie and Nicole Barclay, which allowed him to identify the author of a well-known photo of Django Reinhardt. By tracing the thread from there, these photos were found in archives, where they had remained for 77 years!
They are believed to have been taken at the Jimmy’s bar in December 1947. Though, the photo featuring Django’s first son Lousson ‘is present and (playing the guitar), may not have been taken on the same day than the two others. Few details remain for precise dating and location, but any new information will be updated.
Previously unseen pictures… with an previously unseen guitar!
Just imagine the joy of being seated amlong the guests that evening. They were treated to a private concert by Django, accompanied by his brother Joseph, also known as ‘Nin-Nin.’ The latter appears to be playing a guitar with flamed or quilted maple sides, which could be a Di Mauro judging by the distinctive shape of the headstock.
Django, on the other hand, is playing a model never before seen and, at first glance, entirely unknown to experts on Django-style or Selmer Maccaferri replicas guitars. In other words, no one has ever seen Django Reinhardt playing it, nor anyone else! A rare instrument indeed.
The 3 experts consulted during the writing of this article were unable to identify it. The pickguard or the soundhole could suggest Busato, but the distinctive shape of the headstock does not match those made by the luthier, whether it be the Archtop models or the Selmer replicas. The same goes seemingly for Sonora and Buccolo. We can spot a pick-up on the guitar, ressembling those Busato would mount at this era or after. Another noticeable feature is the use of rectangular dot marks on the fretboard.
One thing is sure: if this guitar ever belonged to Django Reinhardt, he didn’t keep it for long. This was the case with all his guitars, except for a small handful, notably his famous Selmer 503, bequeathed by his widow Naguine to the Musée de la Musique in Paris, or his Busato, given to Alain Antonietto by one of Django’s sister.
After the recent discovery of the french « Chouette d’or » (« Golden Owl »), here is a new challenge, this time for guitar enthusiasts: the hunt for the mysterious white guitar is on! »
J’ai eu le plaisir de réaliser cette compilation pour Decca Records France. Elle sera disponible à partir du 27 septembre 2024 sur la plupart des plateformes de streaming mais surtout en vinyle 33 Tours avec une superbe travail graphique de Jean-Luc Barilla.
Elle sera disponible en magasin dans les pays suivants : France, Nederlands, Belgique, Deutschland, Österreich, USA, New-Zealand, Italia, Grèce Ελλάδα, Suisse, Canada, Polska, Taiwan 臺灣.
Vinyle 33T Django Reinhardt « The last Be-Bop sessions » (P) & (C) 2024 Decca Records France
Des terrasses de café aux bals musette, des clubs de jazz aux plus prestigieuses scènes d’Europe et d’Amérique, Django Reinhardt n’aura cessé d’éblouir le monde avec sa guitare.
Les titres ici réunis et remasterisés à partir des bandes originales constituent une des plus belles preuves du génie et de l’extraordinaire faculté d’adaptation du guitariste, probablement le seul jazzman à avoir évolué si brillamment du swing au be-bop sans jamais compromettre son identité artistique.
Entouré de la première génération de boppers français, mis en valeur par des techniques d’enregistrement modernes et un son de guitare amplifiée parfaitement maîtrisé, Django Reinhardt atteint son apogée comme improvisateur, virtuose et compositeur : explorations personnelles du blues (Deccaphonie), compositions avant-gardistes (Anouman), relectures bop de standards (Fine and Dandy, Crazy Rhythm…), chansons françaises (Le soir, Chez moi…) et classiques comme Nuages ou Manoir de mes rêves qui tiennent du chef d’oeuvre.
La gloire lui tendait à nouveau les bras grâce aux séances Blue Star de mars 1953, produites par Eddie Barclay à la demande de Norman Granz qui souhaitait le convier aux USA et l’intégrer aux mythiques tournées Jazz at the Philharmonic. Hélas, il décèdera peu après ces enregistrements, à 43 ans.
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I had the pleasure of making this compilation for Decca Records France. It will be available from September 27 (October 4th in the USA), 2024 on most streaming platforms but especially in 33 Tours vinyl with a superb graphic work by Jean-Luc Barilla.
It will be available in stores in the following countries: France, Nederlands, Belgique, Deutschland, Österreich, USA, New-Zealand, Italia, Grèce Ελλάδα, Suisse, Canada, Polska, Taiwan 臺灣.
From café terraces to musette ballrooms, jazz clubs to the most prestigious stages in Europe and America, Django Reinhardt has never ceased to dazzle the world with his guitar.
Although less familiar to the general audience, the tracks gathered and remastered here are among the finest proofs of the guitarist’s genius and extraordinary adaptability, probably the only jazzman to have evolved so brilliantly from swing to be-bop without ever compromising his artistic identity.
Backed by the first generation of French boppers, benefiting from modern recording techniques and a perfectly mastered amplified guitar sound, Django Reinhardt reached his peak as an improviser, virtuoso and composer : personal explorations of the blues (Deccaphonie), avant-garde compositions (Anouman), bop interpretations standards (Fine and Dandy, Crazy Rhythm…), french songs (Le soir, Chez moi…) and his own standards like Nuages or Manoir de mes rêves which are masterpieces.
Glory was once again reaching out to him thanks to the Blue Star sessions of March 1953, produced by Eddie Barclay at the request of Norman Granz who intended to bring him to the USA in oprder to join the legendary Jazz at the Philharmonic tours. Alas, he will pass away shortly after these recordings at 43.
Vous avez sûrement déjà vu cette sublime série de photos de Django Reinhardt prise à New York lors de sa tournée en 1946 au sein de l’orchestre de Duke Ellington ? On peut y voir Django Reinhardt poser ses mains sur une guitare Levin De Luxe, prêtée pour l’occasion par Fred Guy, guitariste alors attitré de Duke Ellington.
Mise en vente à plusieurs reprises ces dernières décennies, cette guitare fabriquée aux alentours de 1938 a été proposée à nouveau aux enchères via le site propstoreauction.com mais n’a pas réussi à partir, en tout cas pas au tarif souhaité par le vendeur qui a préféré annuler la vente. Peut-être que le prix de réserve élevé (autour de 70 000 livres anglaises) a dissuadé les amateurs d’acquérir une guitare n’ayant jamais appartenu à Django. Le prix était pourtant monté aux alentours de 65 000 livres…
Le médiator ( aussi dénommé mediateur, plectre, plume…) est un objet de tourment et de fantasme permanent chez les guitaristes, trop souvent envisagé comme un Graal qui ouvrirait instantanément les portes de la virtuosité.
C’est en tout cas l’espoir secret de beaucoup d’entre eux et les amateurs de jazz manouche ne font pas exception. On se souvient du raz-de-marée de médiators Dunlop Tortex violets qui a submergé la communauté jazz manouche après que de fébriles scrutateurs l’aient repéré sous les doigts de Biréli Lagrène lors de la publication en 2004 du DVD culte, « Live à Vienne ». L’on n’ose alors imaginer les réactions à la découverte des plectres du grand Django Reinhardt. Roulement de tambour… La fébrilité et les coulées de sueurs s’installent.
Grâce à quelques saintes reliques et témoignages, tentons de trouver une réponse à cette question existentielle.
Django et ses médiators
Il existe une constante en jazz manouche pour le choix du médiator, à savoir : disposer d’un plectre suffisamment rigide pour qu’il ne plie pas. En dehors de cela, vous lirez ou entendrez énormément d’avis différents, principalement motivés par des ressentis, croyances ou considérations commerciales diverses. Pour faire le point et lever certains mythes, vous pourrez d’ailleurs bientôt lire ici un article à ce sujet. Mais alors ? Que pouvait donc bien utiliser Django Reinhardt ?
Jusqu’à l’arrivée des médiators en matière synthétique au courant du 20e siècle (PVC, nylon…), la plupart des plectres étaient fabriqués en écaille de tortue ou en corne. La bakélite, un plastique aux composants naturels, pouvait être utilisée à l’occasion. L’écaille de tortue a cependant l’avantage de produire un son clair, équilibré et puissant tout en absorbant la transpiration, ce qui favorise sa tenue et réduit les glissements. Aujourd’hui quasiment interdit à la vente, cette matière était à l’époque de Django onéreuse mais courante.
Comme tous les musiciens de son temps, Django utilisait ce type de médiator. Il jouait sur une guitare acoustique, non amplifiée, dans un contexte de danse ou entouré d’instruments très sonores comme l’accordéon ou le violon. Il avait par conséquent besoin d’un médiator rigide, ne pliant pas, afin d’exploiter au maximum les possibilités acoustiques de sa guitare.
Plusieurs témoignages issus de sa famille ou de ses contemporains musiciens rapportent qu’il s’était déjà fabriqué des médiators. C’est plus que probable car de nombreux guitaristes (en particulier manouches) en font autant. On sait de plus que Django était très habile de ses mains pour toutes sortes d’activités.
Selon certains témoignages, faute de médiator, Django aurait même joué avec une dent de peigne pendant plusieurs jours durant un engagement sur la côte normande ! Quelques boutons en corne, provenant de veston ou de pantalons, ont paraît-il fait l’affaire plusieurs fois. Toujours est-il que plusieurs reliques subsistent aujourd’hui.
Le précieux médiator de Django
La première relique fut conservée par l’historien et Djangologiste Alain Antonietto. Elle lui fut léguée par Sara « Tsanga », une des soeurs de Django Reinhardt. Ce plectre finement décoré a probablement été fabriqué à partir d’une boîte, d’un peigne ou d’un accessoire. La présence de deux petits trous, sans aucune utilité sur un médiator, laisse penser qu’il s’agit de récupération. La couleur de l’écaille est a priori claire (ou « blonde ») et la pointe est légèrement abîmée par un éclat manquant.
Il est intéressant de signaler que selon Alain Cola (créateur des guitares Dell’Arte), Roger Chaput en possédait un similaire. Chaput, ancien pompiste du Hot Club de France, s’en servait sur une guitare classique à cordes nylon. Lorsqu’ Alain Cola demanda un jour à Chaput où il avait acheté ce plectre, ce dernier répondit : « C’est un médiator « à la Django » « .
1. Un médiator ayant appartenu à Django Reinhardt /Collection Alain Antonietto
Un médiator de Django Reinhardt transmis par Stéphane Grappelli
Le second médiator de Django dont nous avons connaissance est très intéressant car il fut conservé par Stéphane Grappelli en personne avant qu’il ne l’offre à Martin Taylor. On remarque sur une video (vers 6’30) que ce médiator a été recollé (Martin Taylor le compare d’ailleurs à un coeur brisé). Outre une épaisseur visiblement généreuse et une apparence rustique voire « fait maison », l’élément le plus notable est sa conception à trois pointes. Chacune des extrémités présente une usure ou une taille différente. Ces pointes ont-elles été façonnées à dessein, avec des profils spécifiques pour le solo ou pour l’accompagnement ? Le fait d’avoir trois pointes permettait en tout cas de prolonger la durée de vie du plectre qui n’en dispose la plupart du temps que d’une seule.
2. Médiator de Django Reinhardt transmis par Stéphane Grappelli à Martin Taylor.
Jamais deux sans trois : la reproduction d’un médiator de Django
Clôturons le tryptique avec ce troisième exemple dont la marque Manouche Picks propose des reproductions disponibles à la vente. A en croire les dimensions annoncées, ce médiator de Django Reinhardt tiendrait plus du bouton de veston que du médiator : il est très épais (au moins 4mm) et assez petit (27 x 28mm). Jokko Santing, fondateur de Manouche Picks donne quelques éclairages intéressants sur l’origine de ce médiator. Lullo Reinhardt avait hérité de l’original et le confia à Jokko pour en produire une copie. Celui-ci précise qu’il a en fait pu observer non pas un mais deux médiators originaux ! Leur authenticité lui a été confirmé par plusieurs membres directs de la famille de Django.
3. Reproduction d’un médiator ayant appartenu à Django Reinhardt / Manouche Picks
A la vue de ces trois spécimens, un faisceau d’indices pointe donc vers un recours régulier à un plectre d’une épaisseur minimale d’environ 1,2 / 1,5 mm et pouvant aller jusque 4 mm. Cette épaisseur pouvait toutefois être encore plus conséquente, selon ce que Django avait sous la main !
Which picks did Django Reinhardt use?
The pick (also known as mediator, plectrum…) is an object of torment and perpetual fascination among guitarists, too often seen as a Holy Grail that would instantly open the doors to virtuosity.
This is, in any case, the secret hope of many of them, and gypsy jazz enthusiasts are no exception to that. Let’s remember the tidal wave of purple Dunlop Tortex picks that inundated the gypsy jazz community after eagle-eyed observers spotted it under of Biréli Lagrène’s fingers after the 2004 release of the cult DVD, « Live à Vienne. » One can then imagine the reactions to the discovery of the great Django Reinhardt’s picks. Drumroll… Excitement and beads of sweat set in.
Thanks to a few sacred relics and testimonies, let’s try to find an answer to this existential question.
Django and his picks
There is a constant in gypsy jazz for pick selection, namely: having a pick rigid enough not to bend. Appart from that, you will read or hear a lot of different opinions, mainly motivated by various feelings, beliefs, or commercial stakes. To clarify and dispel some myths, you will soon have access to an article on this subject here. What could Django Reinhardt use?
Until the arrival of synthetic picks in the 20th century (PVC, nylon…), most picks were made of tortoiseshell or cattle horn. Bakelite, a plastic with natural components, could also be used on occasion. Tortoiseshell, however, has the advantage of producing a clear, balanced, and powerful tone while absorbing sweat, which promotes grip and reduces slipping. Nowadays almost banned for sale, this material was expensive but common in Django’s time.
Like all musicians of his time, Django used this type of pick. He played on an acoustic, non-amplified guitar, in dancehall context or surrounded by very loud instruments like the accordion or the violin. He, therefore, needed a rigid pick, not bending, to exploit the acoustic possibilities of his guitar to the fullest.
Several testimonies from his family or contemporaneous musicians report that he had already made his picks. This is highly probable because many guitarists (especially gypsy ones) do the same. It is also known that Django was very skilled with his hands for all kinds of activities.
According to some accounts, lacking a pick, Django even played with a comb tooth for several days during a gig on the Normandy coast! A few horn buttons, from a jacket or pants, apparently did the trick several times. Several relics, nonetheless, still exist today.
Django’s precious pick (photo 1)
The first relic was preserved by the historian and Djangologist Alain Antonietto. It was bequeathed to him by Sara « Tsanga, » one of Django Reinhardt’s sisters. This finely decorated pick was probably made from a box, a comb, or an accessory. The presence of two small holes, with no use on a pick, suggests that it is a recycled item. The color of the shell is presumably light (or « blonde »), and the tip is slightly damaged by a missing chip.
Here’s an interesting fact: according to Alain Cola (creator of Dell’Arte guitars), Roger Chaput had a similar one. Chaput, a former rhythm player of the early Hot Club de France, used it on a classical guitar with nylon strings. When Alain Cola asked Chaput where he had bought this pick, he replied, « It’s a ‘Django-style’ pick. »
A Django Reinhardt pick passed down by Stéphane Grappelli (photo 2)
The second pick from Django that we are aware of is very interesting because it was kept by Stéphane Grappelli himself before he gave it to Martin Taylor. In a video (around 6’30), it can be seen that this pick has been glued back together (Martin Taylor even compares it to a broken heart). Besides an evidently generous thickness and a rustic, almost « homemade » appearance, the most notable element is its three tips design. Each of the ends shows a different wear or size. Were these tips intentionally shaped with specific profiles for soloing or accompaniment? Having three tips, in any case, allowed for an extended lifespan of the pick, which typically only has one.
Things always come in threes : reproduction of a Django pick (photo 3)
Let’s conclude the trilogy with this third example, from which Manouche Picks sells reproductions. Judging by the dimensions, this Django Reinhardt pick resembles more a jacket button than a common pick: it is very thick (at least 4mm) and quite small (27 x 28mm). Jokko Santing, the founder of Manouche Picks, sheds some interesting light on the origin of this pick. Lullo Reinhardt had inherited the original and entrusted it to Jokko to produce a copy. He specifies that he was actually able to observe two original picks. Their authenticity was confirmed to him by several direct members of Django’s family.
Considering these three specimens, a cluster of clues suggests a consistent use of a pick with a minimum thickness of around 1.2 / 1.5 mm and potentially up to 4 mm. However, this thickness could be even more substantial depending on what Django had at his disposal!
L’émérite musicien, historien et musicologue de Jazz, Philippe Baudoin, vient de partager cette photo rare de Django Reinhardt. Exhumée après 92 ans, elle fut prise en 1931 à Cannes, au cabaret « La boîte à matelots » pour un article dans la revue Comoedia. On peut y voir de gauche à droite : Django Reinhardt (sur la fameuse guitare à double pan coupé Gomez Ramirez, hébergée au musée de la musique de Paris), Louis Vola (probablement car mentionné sur la photo mais peu reconnaissable ), Joseph « Nin-Nin » Reinhardt et Roger Chaput selon toute vraisemblance.
Outre sa nouveauté, l’intérêt de cette photo est de représenter Django Reinhardt au moment de sa vie où il découvre vraiment le jazz. Ce tournant décisif se produit grâce à une séance d’écoute de disque impromptue lors de sa rencontre avec le peintre et photographe Emile Savitry à Toulon. Django entendit Louis Armstrong, Duke Ellington… Le choc esthétique fut si grand qu’il prit sa tête dans ses mains et se mit à pleurer.
The emeritus jazz musician, historian and musicologist Philippe Baudoin, has just shared this 1931 photo, taken in Cannes at the cabaret « La boîte à matelots ». Unveiled after 92 years, we can see from left to right: Django Reinhardt (playing the famous double cut-away Gomez Ramirez guitar, housed at the Musée de la musique de Paris), Louis Vola (mentioned in the photo but not very recognizable), Joseph « Nin-Nin » Reinhardt and Roger Chaput (in all likelihood). This photo was to be published in Comoedia, september 4, 1931.
Besides its novelty, the interest of this photo lies in its capture of Django Reinhardt at the time of his life when he really discovered jazz, thanks to an impromptu record listening session during his meeting with the painter and photographer Emile Savitry, in Toulon.
Dans cette interview d’octobre 2020 au micro de Jean-Baptiste Tuzet, Line Renaud évoque quelques souvenirs des bons moments passés avec son mari Loulou Gasté et leur copain Django Reinhardt. On y apprend notamment quelques détails sur l’enregistrement de « Saint-Louis Blues » et « Bouncing Around ». Cet enregistrement mythique n’était en fait pas prévu ! Django Reinhardt et Loulou Gasté ont improvisé cette séance, juste après avoir enregistré le même jour (9 septembre 1937) aux Studios Pathé pour l’orchestre de Philippe Brun.
Line Renaud évoque également de beaux souvenirs lorsque Django venait chez elle et Loulou pour jammer. Elle se rappelle également de leurs voyages en Côte d’Azur dans le train bleu pour participer à l’émission de radio de Maurice Chevalier « This is Paris ».
In this october 2020 interview, french singer and actress Line Renaud talks to Jean-Baptiste Tuzet about her fond memories of her husband Loulou Gasté and their friendship with Django Reinhardt. We can for instance hear some interesting details about the recording of « Saint Louis Blues » and « Bouncing Around ». This legendary recording was not scheduled at all! Django and Loulou just finished a session for Philippe Brun’s orchestra in the Pathé Studios on september 9, 1937 and decided to record these two tunes on the spot.
Line Renaud also remembers intimate jam-sessions with Django and Loulou at home. She also recalls long train trips to the Cote d’Azur for Maurice Chevalier’s « This is Paris » radio show. They spent most of their time in this famous train line playing music or cards.
Je viens de perdre un ami. Tous les amoureux de Django et du jazz manouche, de la musique tsigane, du be-bop, du cool viennent de perdre un ami. Alain Antonietto était un passionné, érudit, historien de ces musiques. Vous ne le connaissiez peut-être pas mais il a fait tellement pour l’héritage culturel de Django Reinhardt et du jazz manouche. C’est peut-être grâce à lui que vous êtes tombés dedans, tant il a fait pour promouvoir cette musique et connecter ses amateurs entre eux.
Il est l’auteur du livre « Rhytmes futurs », à mon sens la biographie la plus complète de Django Reinhardt.
Recherches, articles, projets divers… L’émotion me limite dans des mots et mes souvenirs si nombreux. Il a aidé tant de musiciens, de labels, il a écrit pour « Etudes tsiganes », il a cherché et rassemblé tant de choses sur Django.
Je l’ai rencontré en 2003 grâce à Daniel Richard (merci encore Daniel). Notre premier coup de fil a duré 2 heures. J’étais fasciné, il m’a donné accès à un monde insoupçonné. Nous avons travaillé sur le coffret Django Reinhardt Retrospective 1934-53 et puis sur d’autres projets, certains malheureusement avortés (documentaire sur Django dont de nombreux rush subistent peut-être), d’autres volés (nous avions proposé en premier l’exposition sur Django à la cité de la musique, heureusement Alain fit partie de l’équipe finale).
Jusqu’à il y a quelques années, la quasi totalité de la scène manouche lui envoyait ses productions pour conseil, approbation ou simple remerciement. Il n’était pas médiatisé mais incontournable.Il partageait tant de choses avec tous les passionnés : enregistrements, documents, photos, informations… Le monde de la Djangologie et du jazz manouche lui doit énormément.
Il démystifiait aussi beaucoup de choses du passé auprès des jeunes générations.
Tous ses amis savent combien il était prolixe et généreux avec les lettres qu’il envoyait régulièrement : personnalisées, pleines d’humour, d’enthousiasme et d’espièglerie. C’était un véritable travail à plein temps pour ce professeur de dessin à la retraite toujours si vif d’esprit !
Il était un puits de science sur Django, la référence que tout le monde consultait, il faut le dire. Vous pourrez lire son livre « Rhytmes futurs » pour tout savoir sur Django dont il a connu toute la famille.
Il m’a tant donné et appris à tant de niveaux. Il sera irremplaçable. Il me reste des dizaines de lettres que j’ai gardé précieusement et que je relirai, comme si elles venaient d’arriver au courrier… promesse renouvelée de sourires, de bienveillance, de connaissance et d’esprit.
Pardonne-moi pour cet hommage maladroit, abîmé par l’émotion. Il y aurait tant d’autres choses à dire sur ta modestie et ta générosité proprement hors du commun.
Cà y est mon vieux, tu vas enfin pouvoir entendre Django dans les nuages. Profites et penses à nous. On se retrouvera.
Alain Antonietto et Patrick Saussois au festival Django Reinhardt de Samois sur Seine en 2003
I just lost a friend. All Django and gypsy jazz lovers just lost a friend. Sorry but exceptionnaly I partially used an automatic translator so that english speaking people can know about him. I’m too sad to do this myself now.
Alain Antonietto was one of the greatest specialists of Django and gypsy jazz (but also bebop, cool jazz, tsigan music). You may not know him, but he’s done so much for this music. It may be because of him that you fell in, he did so much to promote this music, preserve its memory and connect its amateurs with each other.
He is the author of the book « Rhytmes futurs », to me the most complete Django Reinhardt biography.Researches, articles, various projects…
Emotion limits me in words and my memories so many. He helped so many producers and musicians, wrote for « Etudes tziganes », bought and collected so much about Django.
I met him in 2003 thanks to Daniel Richard (thanks again Daniel). Our first call lasted 2 hours. I was fascinated, he gave me access to an unsuspected world. We worked on the Django Reinhardt box set Retrospective1934-53 and then on other projects, some unfortunately aborted (documentary about Django whose many rushe may be lying somewhere), others stolen (we had proposed first the exhibition on Django, fortunately Alain was part of the final team).
Until a few years ago, almost the entire gypsy jazz scene sent him his productions for advice or approval. It was not mediated but unavoidable.He shared so much with all the enthusiasts: recordings, documents, photos, informations… The world of Djangology and Gypsy jazz owes him a lot.
For the younger generations, he also demystified a lot of things from the past.
All his friends know how prolix and generous he was with the letters he regularly sent: personalized, full of humour, enthusiasm and mischief. It was a real full-time job for this witty retired drawing teacher!
He was a well of science on Django, the reference that everyone consulted, it must be said. You can read his book « Future Rhythms » to learn all about Django, of which he knew the whole family.
Alain was a drawing teacher. He gave and teached me so much on so many levels. He will be irreplaceable. I have dozens of letters left, which I have carefully kept and which I will reread, as if they had just arrived in the mail.
Forgive me for this awkward tribute, damaged by emotion. There would be so many other things to tell about your modesty and out of this world generosity.T
That’s it my old friend, you’ll finally be able to hear Django in the clouds. Enjoy and think of us. We’ll meet again.
Le guitariste de jazz Gilles Rea vient de réaliser un documentaire sur Roger Chaput, guitariste ayant notamment joué dans le Hot Club de France. Visible sur Youtube et richement illustré par de nombreux documents d’époque, ce documentaire est en grande partie basé sur un enregistrement réalisé par Dominique Cravic. Ne vous étonnez donc pas si le visuel du film ci-dessus a des réminiscences d’iconographie primitive et futuriste à la fois (comprenne qui pourra).
Il s’agit donc d’un témoignage sur cassette audio dans lequel Roger Chaput, véritable titi parisien, raconte sa carrière de musicien. Remise en contexte, anecdotes savoureuses, astuces du « métier », évocation de Django Reinhardt… Découvrez-le ici sur Youtube.
French jazz guitarist Gilles Rea has just finished a documentary about Roger Chaput, former Quintette of the Hot Club of France member. Available on Youtube, this documentary is illustrated with heaps of documents from the musette and swing era. It is based on an audio recording of Roger Chaput made by another guitarist, Dominique Cravic (leader of the famous Primitifs du futur band).
In this audio cassette recording, Roger Chaput tells about his career as a musician with a delicious parisian accent (french speakers will appreciate). Context, anecdotes, musician tips and tricks, memories of Django Reinhardt… You can watch it on Youtube.
Please also visit Gilles Rea’s website (a jazz guitar material goldmine, with heaps of transcriptions) and to support him by making a donation.